PL96: que du positif pour la communauté anglophone du Québec, affirme Skeete

QUÉBEC — Les anglophones du Québec peuvent dormir tranquilles: le projet de loi 96 visant à renforcer et protéger la langue française ne leur apportera que des avantages, assure Christopher Skeete.

L’adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les Québécois d’expression anglaise a déclaré lundi en point de presse que le projet de loi 96 n’aura aucun impact négatif sur la minorité anglophone.

Il répondait indirectement aux groupes de défense des droits des anglophones, comme l’Association des Townshippers, qui a récemment comparé le projet de loi caquiste à un «coup de poing dans l’estomac». 

Au contraire, a dit M. Skeete, les familles anglophones bénéficieront, par exemple, du contingentement dans les cégeps anglophones, parce que leurs places dans ces établissements seront protégées.  

Il a reconnu ne pas avoir mené de discussions avec la communauté anglophone dans les semaines qui ont précédé le dépôt du projet de loi, même si son mandat exige qu’il fasse le pont entre le gouvernement et les anglophones. 

«On s’est assuré (…) à l’interne qu’il n’y allait pas avoir d’impacts», a-t-il affirmé, lundi. 

«On voit beaucoup d’avancement pour la communauté d’expression anglaise, notamment le droit à l’enseignement en français et une protection accrue pour l’accès au réseau de cégeps.

«Donc, il y a plein de choses qui sont bonnes pour la communauté d’expression anglaise dans ce projet de loi-là», a-t-il ajouté.

Selon lui, ceux qui pensent que le projet de loi 96 nuira aux anglophones ont «peur du changement» et n’écoutent pas les «faits».

Cette déclaration survient à la veille d’une importante conférence organisée par le Quebec Community Groups Network (QCGN) sur les impacts potentiels du projet de loi 96 ayant comme thème «Notre place au Québec et au Canada». 

La conférence doit débuter lundi soir par une table ronde sur les droits des Québécois d’expression anglaise à laquelle participeront l’ancien ministre Clifford Lincoln et l’avocate des droits de la personne Pearl Eliadis.

Mardi, M. Skeete et la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, seront invités à se joindre à la discussion. Rappelons que le gouvernement Trudeau a aussi récemment présenté le projet de loi C-32 «visant l’égalité réelle du français et de l’anglais».  

M. Skeete a rappelé en point de presse que l’idée n’est pas d’opposer le français et l’anglais. «On peut marcher et mâcher de la gum, a-t-il dit. On peut protéger le français et protéger la vitalité communautaire des Québécois d’expression anglaise.»

L’octroi lundi de 2,7 millions $ par le gouvernement du Québec aux centres de bien-être pour les aînés anglophones (wellness centres) est la preuve, selon lui, que l’État est bien «à l’écoute des besoins» de sa minorité linguistique.

Après des mois de tergiversations, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a déposé le 13 mai dernier le projet de loi 96 qui se veut une réforme tentaculaire de la loi 101.

Cette pièce législative, qui bénéficie d’un certain consensus à Québec comme à Ottawa, vise à encadrer l’usage du français dans plusieurs champs d’activité. Des consultations particulières sont prévues à l’automne. 

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.