Plaidoiries finales au procès du policier militaire accusé d’agression sexuelle

HALIFAX — Au procès en cour martiale d’un policier militaire accusé d’agression sexuelle, le procureur de la poursuite a plaidé lundi qu’on perpétue de «vieux stéréotypes» en présumant que toutes les victimes doivent agir d’une certaine façon.

Le sergent Kevin MacIntyre, âgé de 48 ans, de la base de Halifax, est accusé d’avoir agressé sexuellement une officière de la Marine en septembre 2015, pendant un exercice militaire à Glasgow, en Écosse.

Dans ses plaidoiries finales, le major Larry Langlois a expliqué au comité de cinq militaires que la plaignante avait exprimé «à au moins 15 reprises» son refus d’avoir des relations sexuelles avec l’accusé. Le procureur a plaidé qu’il s’agit d’un cas d’espèce où l’agresseur ne peut accepter qu’on lui dise non.

L’avocat de la défense a tenté de prouver au procès que les deux militaires avaient eu une relation sexuelle consentante, et que la plaignante avait donné à ses supérieurs juste assez d’informations pour ne pas être blâmée d’avoir couché avec un subalterne. Il a aussi suggéré que la présumée victime n’avait pas réagi comme on pourrait s’y attendre d’une femme agressée sexuellement.

Le major Langlois a plaidé lundi qu’il n’existe «aucune règle» qui devrait dicter la conduite des victimes d’agression sexuelle. Il a aussi soutenu que plusieurs motifs peuvent expliquer pourquoi une victime ne porte pas plainte immédiatement après l’agression — notamment la gêne, ou la crainte de revivre, pendant le processus judiciaire, le traumatisme subi.

L’avocat de la défense devait présenter ses plaidoiries finales en après-midi lundi.