Plan d’attaque à l’acide sur son ex-copine: la CA maintient la condamnation

MONTRÉAL — Reconnu coupable d’avoir voulu payer quelqu’un pour jeter de l’acide au visage de son ex-copine afin se venger et de la défigurer, un homme n’a pas réussi à faire annuler sa condamnation. La Cour d’appel vient de lui dire non, en rejetant son appel.

David Vinet a été condamné en juillet 2016 et a écopé en septembre d’une peine de prison de trois ans. Avec le temps passé en détention provisoire, il lui restait alors 15 mois et demi à passer derrière les barreaux.

L’accusation dont il a été reconnu coupable est d’avoir conseillé la commission d’un crime, qui n’a toutefois pas été commis.

Vinet avait demandé fin 2012 à un homme, qui habitait dans la même maison de chambres que lui, de jeter une chaudière d’acide au visage de son ex-conjointe, en échange de 10 000 $.

Heureusement, cet homme n’est pas passé à l’acte et il a témoigné à son procès criminel.

Vinet a porté sa condamnation en appel, plaidant que la juge Sandra Blanchard de la Cour du Québec, qui l’a déclaré coupable, a erré car l’infraction qu’on lui reproche n’a pas été prouvée hors de tout doute raisonnable et que vu son état mental, il n’était pas capable de former l’intention de commettre un crime.

Vinet a fait valoir qu’il n’avait pas communiqué à l’homme toute l’information dont il avait besoin pour trouver et attaquer son ex-copine. Il a ajouté qu’il n’y avait eu que deux rencontres avec lui, lors desquelles il n’avait pas été insistant et n’avait pas mis de pression.

Toute cette triste histoire fait suite à la rupture entre Vinet et son ex-copine, qui a mis fin à la relation en raison de son infidélité, est-il rapporté dans le jugement de la Cour d’appel. Pour lui, la rupture est pénible, et après, il a perdu son emploi et a développé un problème de toxicomanie, se mettant à boire beaucoup d’alcool. La santé psychologique de l’homme se dégrade, peut-on lire.

L’idée de l’acide est de Vinet, a rapporté au procès le cochambreur. Parce qu’en Irak, c’est ce qu’ils font avec les femmes infidèles, lui aurait alors dit l’accusé. Il lui a montré avoir 16 000 $ dans son compte bancaire, pour lui prouver qu’il pouvait le payer.

Vinet a tout nié et a dit qu’il n’avait jamais donné de contrat pour faire jeter de l’acide au visage de son ex, mais la juge Blanchard ne l’a pas cru.

Dans un jugement rendu jeudi, la Cour d’appel a rejeté tous les arguments avancés par Vinet.

«La juge (Blanchard) n’a pas commis d’erreur susceptible de justifier une intervention de cette cour et le verdict qu’elle a rendu n’est pas déraisonnable», est-il écrit.

Quand Vinet s’adresse à son cochambreur pour lui confier le travail, il est sérieux: ses propos ne sont pas innocents, écrit la Cour, se basant sur la preuve résumée par la juge de première instance.

Le fait de ne pas avoir identifié clairement la future victime ne change rien, car il était facile pour Vinet de la retracer. «Ce n’était qu’une question de temps», souligne la Cour d’appel. Puis, ce dernier n’a pas présenté de preuve d’expert démontrant qu’il souffrait d’un trouble mental qui le rendait incapable de former l’intention de commettre un crime, est-il ajouté.