Plan pour une économie verte: l’électrification des transports au menu

MONTRÉAL — Québec a confirmé lundi les grandes lignes de son «plan vert» de 6,7 milliards $, sur cinq ans, dont la mesure phare est l’interruption des ventes de nouveaux véhicules à essence en 2035, dans le but de voir 1,5 million de véhicules électriques sur nos routes.

Le premier ministre François Legault a présenté lui-même ce plan, lundi à Montréal, en compagnie du ministre de l’Environnement, Benoît Charette.

Plusieurs mesures avaient déjà été annoncées lors du budget de mars 2020, présenté alors que la pandémie de coronavirus ne faisait que débuter. Mais 300 millions $ ont été ajoutés depuis à ces 6,4 milliards $ alors prévus, a souligné le ministre Charette.

Québec veut réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 37,5 % d’ici 2030 par rapport à ses émissions de 1990.

Le premier ministre Legault a confirmé que son gouvernement avait rejeté l’idée d’imposer de nouvelles taxes ou tarifs ou de hausser des taxes actuelles, comme l’espéraient certains groupes écologistes. Il a dit préférer les mesures incitatives aux mesures punitives.

«On ne voulait pas y aller de mesures punitives, que ce soit à l’achat de véhicules eux-mêmes ou par exemple en augmentant de façon significative le coût de l’essence à la pompe. Ce n’est pas des mesures qu’on a retenues, parce que c’est mal connaître la grandeur du territoire québécois», a objecté le ministre Charette.

«Et même pour certains types de véhicules, lorsqu’on se promène en région, on se rend compte que le pick-up, bien souvent ce n’est pas un luxe, c’est lié au travail ou à la réalité de ces ménages-là», a ajouté le ministre de l’Environnement.

L’accent de ce plan de lutte contre les changements climatiques est mis sur les véhicules électriques, que Québec espère voir se multiplier sur nos routes, ce qui inclut les camions, les autobus scolaires et les autobus urbains. 

Québec souhaite également convertir la flotte de camions des sociétés d’État et des entreprises privées «avec de l’aide financière très incitative», a précisé M. Legault.

Le premier ministre souhaite d’ailleurs que ces camions et autobus électriques soient aussi construits au Québec, «donc c’est gagnant-gagnant», a commenté le premier ministre.

Comme pour le secteur de la santé, le gouvernement du Québec insiste aussi auprès du gouvernement fédéral pour qu’il «fasse sa part», a dit M. Legault. Il a cité l’augmentation de l’utilisation du chemin de fer plutôt que des camions, par exemple, et la réduction de l’utilisation du gaz.

Québec veut également continuer de faciliter le recours à des mesures d’efficacité énergétique pour les bâtiments et les industries. Là encore, le premier ministre croit qu’ «il faut aider les entreprises financièrement pour ne pas qu’elles soient pénalisées, au point de vue compétitif, avec les entreprises d’ailleurs dans le monde».

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