Plan vert: sans «budget carbone», le Parti québécois prédit l’échec

QUÉBEC — Le Plan vert du gouvernement Legault pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) conduit le Québec tout droit vers l’échec. 

C’est la conclusion du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui réclame l’instauration d’un budget carbone, soit des cibles précises de réduction des émissions de GES, secteur par secteur, ministère par ministère, avec un système de mesure des résultats.

Présenté cette semaine, le Plan vert illustre le «problème de fond» de la CAQ, qui fait «la sourde oreille» à ce qui se fait à l’étranger et ainsi «ne s’inspire pas des meilleures pratiques», a déploré M. St-Pierre Plamondon dans une entrevue avec La Presse Canadienne diffusée jeudi.  

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, s’est engagé à faire état année après année des progrès accomplis, mais comme le Plan vert comporte des mesures sans un ensemble d’objectifs à mesurer, c’est «l’aveu d’un échec», estime le chef péquiste.

«C’est comme si on disait « j’ai fait de belles économies », sans garder l’oeil sur le but de l’exercice, soit d’équilibrer le budget.»

Il a rappelé que les pays qui réussissent dans leurs efforts de réduction des GES, le Royaume-Uni, le Danemark, la Finlande, par exemple, ont tous mis en place des «budgets carbone» ou des mécanismes de contrôle qui s’y apparentent. 

«Il faut considérer les GES comme un budget à gérer, a-t-il imagé. Sinon, c’est comme si on gérait le budget de l’État sans subdiviser par ministère, alors qu’il faut subdiviser et placer des contraintes budgétaires à chaque ministère. (…) Chaque entité dépasse son budget, mais elle ne le sait pas, elle n’a pas de budget carbone, elle ne sait qu’elle excède son plafond.»

L’objectif est de réduire de 29 mégatonnes les émissions GES du Québec, donc il faut qu’une cible précise soit attribuée à chaque ministère, chaque programme, chaque secteur économique, pour arriver à ce résultat total, a résumé M. St-Pierre Plamondon.

Ainsi, autant le secteur de l’aluminium, que la SEPAQ ou encore les hôpitaux, chacun doit être responsabilisé clairement, pour pouvoir suivre la progression et apporter des correctifs. 

«Si le secteur de la santé n’a pas d’objectif précis, la discussion dans l’hôpital n’aura jamais lieu, a-t-il imagé. C’est ça, le problème, si personne n’est au courant dans sa gestion quotidienne. C’est comme un bar ouvert.»

Rappelons que le Plan vert prévoit de réduire de 37,5 % les émissions de GES d’ici à 2030, conformément aux obligations internationales de l’accord de Paris sur la lutte aux changements climatiques. 

Cependant, le plan caquiste est incomplet, puisqu’il comprend des mesures pour atteindre environ 40 % de l’objectif, soit une douzaine de mégatonnes sur 29, et reste silencieux sur ce qui doit être fait pour les 60 % restants.

«C’est ouvertement insuffisant par rapport à ce que la science nous demande de faire», a conclu M. St-Pierre Plamondon. 

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