Plus d’Américains installés au Canada participeront au scrutin du 2 novembre

OTTAWA — Un nombre croissant d’Américains installés au Canada comptent voter aux élections qui prennent de plus en plus forme de référendum sur la présidence de Donald Trump.

On compte environ 620 000 électeurs américains au Canada. Ils peuvent exercer leur droit de vote. Seulement cinq pour cent d’entre eux — environ 33 000 personnes — ont voté lors des dernières élections en 2016.

Il est difficile de mesurer de façon sûre quel sera le taux de participation de cet électorat. Les démocrates voient déjà des signes encourageants.

Selon Dianna English, la porte-parole canadienne des «Démocrates à l’étranger», le nombre de membres installés au Canada dans son organisation a augmenté de 90 % depuis 2016 pour atteindre environ 25 000 personnes. Et le site non partisan Votefromabroad.org a été consulté par environ un million d’utilisateurs, le triple par rapport à 2016.

Le groupe «Les républicains au Canada» minimise l’influence que pourraient exercer les électeurs installés au pays. Ils font valoir qu’un grand nombre de ceux-ci viennent d’États qui avaient appuyé Hillary Clinton en 2016. Cette année-là, la majorité des électeurs étaient originaires de la Californie et de New York, deux États que la démocrate avait enlevés haut la main.

«On n’a pas d’endroit centralisé qui nous permettrait de savoir dans quel État ces bulletins de vote ont été comptés», mentionne le président du groupe, Mark Fiegenbaum, un avocat fiscaliste de Toronto.

«Toutes les données que nous obtenons sur la façon dont les gens installés au Canada votent proviennent des sondages. Et je soupçonne qu’un grand nombre de répondants disent voter pour les démocrates [mais] nous ne savons pas réellement pour qui ils ont voté.»

Les démocrates désireux de détrôner Trump déploient un effort particulier pour cibler le crucial État du Michigan, qu’ils ont perdu par 11 000 voix, il y a quatre ans. Selon eux, le nombre d’électeurs américains ayant le droit de vote au Michigan, mais résidant dans le sud de l’Ontario, dépasse cet écart du double.

Kathy Murphy, qui travaillait à Détroit avant la pandémie, s’est installée à Windsor en Ontario. Elle fait le même constat. Sa fille et son gendre, tous deux âgés de la vingtaine, résident dans une autre région de l’Ontario. Ils voteront pour la première fois. Mme Murphy leur a fait parvenir les bulletins de vote dans des enveloppes scellées afin de pouvoir les retourner dans un seul envoi.

«Je ne voulais pas courir le risque que ces votes ne parviennent pas à temps pour être comptés, dit-elle. C’est bien d’avoir deux nouveaux électeurs cette année.»

Jessica Sheridan est une partisane démocrate établie à Toronto. Selon elle, il est encore plus important de participer au scrutin en raison de l’enjeu, même pour le Canada.

«La démocratie canadienne peut en fait être minée par un voisin du sud qui n’a pas les mêmes systèmes de croyances ou valeurs, souligne-t-elle. Nous ne pouvons plus voir cette érosion sur la scène mondiale. Le Canada a besoin d’un allié vraiment fort. Les Américains doivent exercer leur droit de vote, c’est une responsabilité.»

Âgée de 56 ans, Karen Hedetniemi est originaire de l’État de Washington. Elle demeure à Victoria depuis que sa famille y a déménagé lorsqu’elle était une élève du primaire. C’est la première fois qu’elle participe à une élection américaine.

«Je vote pour un leadership respectueux et compatissant, informé et uni, dit-elle, tout en refusant de nommer le candidat qu’elle a choisi. Si un dirigeant pouvait offrir cela à la population, le pays serait probablement beaucoup plus sain.»

De son côté, Jenny Wiebe, une Canado-Américaine de Fredericton, ne sait pas encore comment elle compte exercer son droit de vote. Enverra-t-elle son bulletin par le courrier ? Se rendra-t-elle déposer son bulletin dans sa ville natale, à Readfield, au Maine ?

Elle dit qu’elle soutiendra Joe Biden, mais prévoit voter pour la sénatrice républicaine Susan Collins, qui est, selon elle, une voix de raison dans le chaos de la scène politique américaine.

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