Plus d’argent et plus de flexibilité demandés pour la «création rapide» de logements

OTTAWA — Les municipalités canadiennes réclament pas moins de 7 milliards $ dans le budget fédéral à venir, pour la poursuite d’une initiative fédérale qui vise à créer du logement abordable, rapidement. Les maires de villes au Québec espèrent, du même coup, plus de flexibilité dans le processus.

Le gouvernement fédéral a annoncé, l’automne dernier, la naissance de la nouvelle Initiative pour la création rapide de logements (ICRL) dotée d’une enveloppe d’un milliard de dollars pour créer jusqu’à 3000 unités à travers le pays. L’idée était de reconvertir des bâtiments non résidentiels ou de rénover des immeubles abandonnés ou en mauvais état pour en faire des logements abordables en quelques mois.

Dans la foulée de la crise du logement, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) demande maintenant sept fois le montant initial de l’ICRL dans le prochain budget fédéral. Elle estime que cette somme permettrait de créer jusqu’à 24 000 unités de logement permanentes supplémentaires, dans l’objectif de mettre fin à l’itinérance chronique qui touche pas moins de 27 000 Canadiens.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a bénéficié de ce programme, entre autres, pour la construction prochaine de logements de transition dans sa ville. Même s’il salue le programme mis sur pied par le gouvernement fédéral, il décrit le processus comme des «acrobaties (…) qu’on pourrait éviter».

C’est que les gouvernements du Québec et du Canada en sont venus à une entente, en janvier dernier, concernant l’ICRL entre la Société d’habitation du Québec et la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Le processus est donc un peu plus laborieux pour les municipalités québécoises qui souhaitent appliquer pour ce programme fédéral.

«De plus en plus, les municipalités au Québec trouvent ça difficile, des fois, parce qu’on voit nos collègues autour du Canada… et c’est un peu plus simple, c’est un peu plus facile. Mais le Québec, c’est le Québec et, oui, c’est un peu différent que d’autres provinces», constate Scott Pearce, troisième vice-président de la FCM et maire du canton de Gore, dans les Laurentides.

«Québec a un écosystème en logement qui est particulier, où il y a un grand nombre d’acteurs, mais qui a aussi des succès qu’on n’a pas ailleurs au Canada. (…) Quand un nouveau programme arrive du fédéral, c’est comme un peu à refaire, ces arrimages-là avec les programmes existants», ajoute le maire Pedneaud-Jobin.

«Donc nous, on veut soit énormément de flexibilité, soit carrément les arrimer aux programmes existants», poursuit-il, en citant le programme AccèsLogis, qui a fait ses preuves, selon lui.

La plus récente lettre de mandat du premier ministre Justin Trudeau au ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Ahmed Hussen, lui demande d’augmenter les investissements dans la création rapide de logements à court terme et de travailler à l’élimination de l’itinérance chronique au Canada.

Les maires espèrent que ces engagements se réaliseront plus tôt que tard, vu la crise du logement qui sévit dans leurs villes.

«Nous, on a symboliquement déclaré l’état d’urgence en matière de logement à Gatineau. Ça allait déjà mal, notamment parce que les tornades et les inondations ont attaqué notre parc immobilier, mais la COVID en rajoute encore (…) La pandémie a ajouté de l’huile sur un feu qui était déjà pris. (…) C’est pire que jamais», résume M. Pedneaud-Jobin.

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