Plus de 10 000 morts liées aux drogues depuis 2016 en Colombie-Britannique

VICTORIA — La Colombie-Britannique a connu plus de 10 000 décès en lien avec les drogues illicites depuis qu’une urgence de santé publique a été déclarée en avril 2016, selon la coroner en chef de la province. 

Lisa Lapointe dit que la province est sur le point de perdre un autre nombre record de personnes à cause de l’approvisionnement en drogues toxiques cette année, le nombre de décès à la première moitié de 2022 dépassant ceux de la même période en 2021.

«Le fentanyl illicite continue de mener cette crise et, à ce jour en 2022, le fentanyl ou ses analogues ont été présents dans 83% des décès», a-t-elle déclaré mardi lors d’une conférence de presse.

De nouvelles données du service du coroner indiquent qu’au moins 1095 résidants seraient décédés de janvier à juin de cette année, avec une moyenne de six décès par jour.

Le rapport a révélé que plus des trois quarts des personnes ayant perdu la vie en 2022 étaient des hommes, et la plupart avaient entre 30 et 59 ans.

Bien que juin ait enregistré 146 décès par surdose, ce qui représente une baisse de 26% par rapport au mois de mai, Lisa Lapointe a averti que cela ne signifie pas que la crise s’atténue.

«Nous n’accordons pas trop d’importance à un mois individuel, car nous savons que tout au long de cette crise, nous avons vu des baisses, puis nous avons vu des augmentations rapides. Ce que cela reflète, c’est la volatilité du marché», a-t-elle expliqué. 

«Nous savons d’après les données de juillet qui arrivent que nous verrons une augmentation remonter», dit-elle, ajoutant que le seul message qui se dégage de cela est que la situation est imprévisible. 

En juin, Ottawa a approuvé une exception de trois ans aux lois fédérales sur les drogues et, à partir de l’année prochaine, la Colombie-Britannique deviendra la première province où les gens ne seront pas arrêtés ou accusés de posséder jusqu’à 2,5 grammes de certaines drogues illicites.

La coroner Lapointe a applaudi cette décision, mais a rappelé qu’il était toujours urgent que le gouvernement fournisse un accès à un approvisionnement plus sûr dans toute la province.

«Certes, la conversation est en train de changer. Malheureusement, l’approvisionnement en drogues toxiques change et évolue tout aussi rapidement», a-t-elle mentionné. 

Elle a fait référence à un rapport d’un comité d’examen des décès du Service des coroners de la Colombie-Britannique qui a analysé plus de 6000 décès dus à une surdose de drogues illicites d’août 2017 à juillet 2021. Le rapport, publié en mars, a révélé que la principale cause des surdoses de drogues illicites dans la province est une combinaison d’un approvisionnement de plus en plus toxique et d’un cadre politique actuel qui, selon le rapport, oblige les consommateurs à se tourner vers des sources non réglementées.

«Ce n’est que lorsque nous réduirons considérablement la dépendance des gens à l’égard du marché illicite de la drogue, axé sur le profit, que nous sauverons des vies et inverserons la trajectoire de cette crise», a déclaré Mme Lapointe.

Les derniers chiffres au 30 juin portent le nombre de morts depuis avril 2016 à 9949, mais Mme Lapointe a fait savoir qu’il y avait eu «un nombre croissant de décès» en juillet, poussant le décompte au-delà de 10 000.

Guy Felicella, conseiller clinique au Centre d’intervention d’urgence en cas de surdose et au Centre sur l’usage de substances de la Colombie-Britannique, demande également des politiques mises à jour et une plus grande éducation du public pour mettre fin à la stigmatisation associée à la consommation de drogues. Rien ne changera si les gens ne peuvent pas obtenir l’aide dont ils ont besoin, a-t-il fait valoir. 

«Nous n’avons pas été en mesure de donner aux gens une alternative à l’approvisionnement en drogues illicites, que ce soit par le biais d’un approvisionnement sûr, d’un traitement ou d’une guérison, et donc ils meurent», a-t-il déclaré.

La province affirme que la toxicité des drogues illicites est la principale cause de décès non naturel en Colombie-Britannique.

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