Jeux vidéo: plus de 10 000 visiteurs attendus lors d’un festival à Montréal

MONTRÉAL — Quelque 10 000 visiteurs, des amateurs de jeux vidéo, mais aussi des gens de l’industrie, sont attendus au festival MEGA+MIGS, qui a pris samedi son envol jusqu’à mardi au Grand Quai du Port de Montréal.

Il s’agit d’une première d’envergure puisque le MEGA+MIGS est né de la fusion de ces deux événements très courus dans le domaine. L’objectif de cette union est de faire de cet événement au Québec un incontournable sur la scène mondiale, explique un porte-parole de l’événement Jean-Martin Aussant, directeur général de la Coop La Guilde.

«En fait c’est l’union de deux événements qui existaient déjà, le MEGA et le MIGS. Historiquement, le MEGA c’est l’événement grand public qui est organisé par la Coop La Guilde. Le MIGS est plutôt pour les professionnels de l’industrie et c’est organisé par l’Alliance numérique», explique-t-il.

«Cette année, on organise les deux ensemble en même temps, ce qui va en faire de loin le plus grand festival du jeu vidéo au Canada. Ça va vraiment être un événement d’une ampleur jamais vu à Montréal pour le jeu vidéo.»

Selon M. Aussant, Montréal est déjà la troisième plaque tournante de l’industrie dans le monde, après le Japon et la Californie. Il rappelle d’ailleurs que l’industrie du jeu vidéo fait vivre des milliers de travailleurs au Québec, dans une industrie appelée à croître davantage.

«Montréal est l’endroit où il y a le plus grand nombre de studios internationaux au Québec, mais il y en a aussi ailleurs. La ville de Québec a un noyau très important dans Saint-Roch», souligne-t-il.

«À mon sens, le jeu vidéo est à l’aube de son développement avec les multiples applications qu’on ne soupçonne pas encore, mais qu’on développe en ce moment», affirme M. Aussant. 

Le coup d’envoi du MEGA+MIGS laisse toute la place aux familles ce week-end et aux amateurs de jeux vidéo qu’ils soient jeunes ou moins jeunes.  

Les connaisseurs seront sans doute comblés par les kiosques des géants de l’industrie, tels qu’Ubisoft (Education, Rainbow 6 Siege, For Honor, Assassin’s Creed Odyssey), EA (Série EA Sports, The Sims, Plants vs Zombies), Ludia (Jurassic World Live, What’s Your Story, Dragons: Rise of Berk), Gearbox (Borderlands 3) et Red Barrels (Outlast & Outlast II).  Il y a aussi des studios indépendants parmi les exposants, dont les plus reconnus du Québec comme Thunder Lotus (Spiritfarer), Panache (Ancestors: The Humankind Odyssey), et Outerminds.

Lundi et mardi, ce sera au tour des professionnels de s’y donner rendez-vous dans le cadre de multiples conférences portant sur les rouages de l’industrie avec de nombreuses personnalités.

eSports en croissance à l’école

Une autre nouveauté de l’événement MEGA+MIGS portera aussi sur le eSport, un domaine qui prend énormément d’expansion dans le monde. Les propriétaires d’équipes de hockey, de baseball ou de football y voient notamment un marché d’avenir très lucratif.

Les eSports sont très prisés des jeunes au Québec au point de faire leur entrée dans certaines écoles dans une approche plus pédagogique, dont la pertinence a été remise en question par des élus de l’Assemblée nationale. Les députés libéraux André Fortin et Enrico Ciccone avaient même réclamé un moratoire sur les sports électroniques à l’école, en septembre dernier, ce qui a été rejeté par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

En entrevue en marge du MEGA+MIGS, la Presse canadienne a demandé à Jean-Martin Aussant si les jeux vidéo appelés «eSports» peuvent être vraiment qualifiés comme étant du sport et s’ils ont vraiment leur place à l’école. Selon lui, la réponse est oui.

«On a annoncé récemment au Québec quelques programmes qui ont été développés en Sport-études, mais il y a peut-être eu un manque d’information, estime le porte-parole du MEGA+MIGS. Il faut savoir que ces programmes-là obligent les jeunes, après une certaine période à l’écran, sur le jeu, d’aller faire du vrai sport, de l’activité physique. Je pense que ce programme-là, au contraire de ce que des personnes ont pu craindre, va avoir un effet très positif sur les jeunes parce qu’ils vont faire aussi du vrai sport naturel comme on le connaît.»

Le eSport peut aussi aider à lutter contre le décrochage scolaire, selon lui, «parce que les jeunes qui s’y découvrent une passion voudront peut-être faire carrière dans ce domaine d’avenir.»   

Hommage à un pilier au Québec

Enfin, le festival MEGA+MIGS sera aussi l’occasion d’honorer un pionnier du jeu vidéo au Québec, Rémi Racine, fondateur de Behavior Interactive, un concepteur de jeux vidéo indépendants établi à Montréal, qui compte près de 600 employés et plus de 70 millions de jeux vendus sur toutes les plateformes, selon l’entreprise. 

«Depuis plus de 25 ans c’est une figure centrale, explique M. Aussant, et ce n’est pas étranger à des gens comme M. Racine si le Québec, et Montréal en particulier, sont devenus des plaques tournantes reconnues mondialement le dans le jeu vidéo.»