Plus de 300 personnes sont allées gratuitement au MBAM avec la «prescription» muséale

MONTRÉAL — Plus de 300 personnes sont allées contempler gratuitement les oeuvres du Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM), en étant munies d’une prescription de leur médecin. La majorité avait été référée en raison de problématiques de santé mentale, rapporte le musée qui rend cette activité — la première en son genre — possible.

Le programme fête son 1er anniversaire.

Depuis un an, à l’aide d’un carnet spécial, des médecins membres de l’Association Médecins francophones du Canada (MFdC) rédigent des prescriptions qui permettent d’aller apprécier les peintures, sculptures et autres oeuvres qui embellissent les nombreuses salles du musée montréalais.

Si 328 prescriptions ont été remises au MBAM, plus de gens ont pu bénéficier d’une visite gratuite, car chaque détenteur peut être accompagné de trois personnes, soit un autre adulte et deux enfants, a précisé Thomas Bastien, directeur de l’éducation et du mieux-être au musée.

Selon ce responsable du programme, les «patients» ont dit que c’est une visite qui leur a fait du bien et qui a permis de briser leur isolement.

«De manière générale, ça a été perçu comme extrêmement positif: une sortie qui permet de sortir de chez soi, de prendre du temps pour soi et pour son bien-être», a résumé M. Bastien à l’aide des commentaires laissés par les participants sur un questionnaire rempli après leur visite.

Les prescriptions qui ont été utilisées l’avaient été en majorité pour des problèmes de santé mentale, dont du stress psychologique et du stress au travail, a-t-il ajouté. Mais elles sont aussi offertes aux gens souffrant de problèmes physiques.

Le MBAM a l’ambition que ce projet prenne de l’ampleur. Si pour l’instant seuls les médecins membres de MFdC peuvent rédiger de telles prescriptions, l’institution muséale affirme être en discussion avec d’autres médecins pour l’élargir.

Et puis, le projet a déjà fait un petit: le Château de Compiègne, en France, s’est inspiré de leur initiative et offre un projet similaire, a indiqué M. Bastien.

«Ce n’est que le début!», se réjouit-il.

Les bénéfices sont multiples, explique ce responsable: «Ceux qui viennent avec des proches aidants, c’est extrêmement important, car les oeuvres d’art sont un vecteur de communication, un vecteur de partage d’émotions, de reconstruction de liens qui se sont parfois défaits avec le temps. C’est tout ça la prescription muséale».