Plus de 700 travailleurs étrangers temporaires ont subi des tests en Ontario

TORONTO — Des centaines de travailleurs étrangers temporaires ont subi des tests de dépistage pour la COVID-19 à Windsor-Essex, cette région du sud de l’Ontario qui est aux prises avec une série d’éclosions de COVID-19 sur des fermes. Certains craignent toutefois que la peur d’être déporté dissuade des milliers d’autres travailleurs de se faire tester.

Le premier ministre Doug Ford affirme que les autorités ne peuvent pas les contraindre à se faire tester, mais que les efforts de dépistage ont été bien accueillis par les travailleurs agricoles et leurs employeurs.

«Nous avons testé 724 travailleurs jusqu’à maintenant. Nous avons placé une unité de dépistage directement au coeur de la communauté», a-t-il indiqué.

Mais des voix s’élèvent afin de rendre le dépistage obligatoire pour les quelque 20 000 travailleurs étrangers qui se rendent annuellement en Ontario, dont 8000 à Windsor-Essex.

Plusieurs dizaines de travailleurs étrangers ont contracté le virus dans la région et deux d’entre eux y ont succombé. Neuf fermes de Windsor-Essex sont toujours aux prises avec des éclosions de COVID-19.

D’autres éclosions à Chatham-Kent et à Haldimand-Norfolk ont également contaminé des dizaines de travailleurs.

Le ministre ontarien du Travail rapporte pour sa part qu’environ 200 fermes ont été inspectées et que 60 ordonnances ont été délivrées pour en améliorer la sécurité.

La cheffe du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, Andrea Horwath a dit comprendre l’hésitation que pourraient ressentir certains travailleurs à l’idée de se faire tester, étant donné leur situation précaire.

«Ces gens sont littéralement à risque de se faire déporter s’ils ne sont pas en mesure d’accomplir le travail qu’ils devaient effectuer sur la ferme, a-t-elle fait valoir. Alors c’est un dissuasif énorme, il faut donc qu’on mette en place une garantie qu’ils ne seront pas déportés et qu’on veillera à leur santé et leur bien-être et qu’ils pourront s’isoler.»

L’Ontario a signalé mardi 184 nouveaux cas de la COVID-19 et 11 autres décès.

Environ les deux tiers des nouveaux cas proviennent de Toronto, de la région de Peel et de Windsor-Essex — les trois secteurs qui, à compter de vendredi, ne seront pas à l’étape 2 du plan de déconfinement de la province.

Entre-temps, la Ville de Windsor a annoncé l’expansion de son centre d’isolement et de convalescence pour venir en aide aux travailleurs étrangers infectés.

Le centre avait initialement été créé à l’intention des personnes en situation d’itinérance.

Le maire Drew Dilkins explique que des agriculteurs locaux ont signalé aux autorités municipales qu’ils manquaient d’espaces appropriés pour isoler les travailleurs dans l’éventualité où ils recevraient un diagnostic de COVID-19.

L’expansion du centre devrait répondre en partie à cet enjeu logistique, a-t-il souligné.

Les coûts associés doivent être facturés aux entreprises agricoles touchées.

«Les autorités sanitaires ont indiqué que la nécessité de s’isoler après un résultat de test positif est devenue un obstacle à la hausse du dépistage parmi la population migrante», a-t-il déclaré par communiqué.

La Ville de Windsor cherche à éliminer cet obstacle, peut-on lire, et appelle au dépistage de l’ensemble des travailleurs étrangers du comté d’Essex.

Les nouveaux cas signalés mardi portent le total dans la province à 32 554.

Cela comprend 2538 décès et 27 431 cas résolus, soit 218 de plus que la veille, tandis que le nombre de cas résolus progresse plus rapidement que celui de cas actifs.

Le nombre de personnes hospitalisées et en soins intensifs en raison de la COVID-19 a baissé, bien que le nombre de personnes ayant un respirateur a légèrement augmenté.

Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario recommande que les hôpitaux commencent à autoriser les visites des familles et des soignants dans les établissements de soins aigus.