Plus de 900 surdoses mortelles recensées en Colombie-Britannique en 2016

VANCOUVER – Un nouveau record de 914 surdoses mortelles causées par la consommation de drogues illicites a été atteint en Colombie-Britannique au cours de l’année qui vient de se conclure.

Cette prévalence est presque 80 pour cent plus élevée que les 510 cas de surdoses mortelles recensés en 2015.

Le Bureau du coroner de la Colombie-Britannique a indiqué mercredi que décembre avait été le pire mois, au cours duquel 142 surdoses mortelles ont été constatées. Il s’agit du bilan le plus élevé pour un seul mois dans la province, précise-t-on.

La coroner en chef Lisa Lapointe reconnaît qu’il est difficile pour ceux qui sont dépendants aux opioïdes de s’abstenir de consommer, mais les a appelés à le faire en présence d’un professionnel de la santé ou, à tout le moins, d’un ami qui est sobre.

«Pour ceux qui ne sont pas dépendants à la drogue, nous recommandons vivement d’éviter toute expérimentation et tout usage occasionnel de drogues illicites. Les risques sont impossibles à gérer en ce moment», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

En moyenne, neuf personnes meurent de surdose tous les deux jours dans la province, a-t-elle exposé aux journalistes.

Le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Terry Lake, a de son côté exhorté le gouvernement fédéral à déclarer une urgence nationale de santé publique, faisant valoir que la crise ne touche pas seulement sa province.

«Nous n’avons pas vu la réponse que requiert, je crois, cette épidémie au niveau national, a-t-il dit. Nous avons besoin d’une approche plus globale.»

La Colombie-Britannique a déclaré l’état d’urgence sanitaire en avril, mettant ainsi de l’avant une série de mesures préventives pour tenter de ralentir la croissance des sinistres bilans.

Le Bureau du coroner a indiqué que les cas de surdoses mortelles ne touchaient pas seulement les consommateurs d’opioïdes comme l’héroïne.

«La cocaïne et la méthamphétamine sont représentées dans une proportion plus élevée que les morts causées par le fentanyl en 2016», a relevé Mme Lapointe.

La plupart des personnes mortes d’une surdose l’an dernier dans la province étaient âgées de 30 à 49 ans. Dans plus de 80 pour cent des cas, il s’agissait d’hommes.

Le Centre de contrôle et de prévention des maladies de la Colombie-Britannique a lancé un programme permettant aux résidants de la province de repartir chez eux avec de la naloxone, une substance qui permet de renverser les effets des opioïdes.

Le gouvernement britanno-colombien a aussi annoncé, à la fin de 2016, la mise sur pied de centres de prévention des surdoses un peu partout dans la province. Des professionnels formés et équipés de naloxone y superviseront la prise de drogues illicites par les consommateurs.

Le médecin administrateur en chef de la santé publique de la province, le docteur Perry Kendall, a reconnu qu’il était difficile de faire face aux sombres statistiques.

«Nous n’avons pas encore été en mesure de renverser la tendance. Honnêtement, c’est un problème (qui sévit) dans toute l’Amérique du Nord.»

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Quelques statistiques du Bureau du coroner de la Colombie-Britannique sur les surdoses mortelles survenues dans la province en 2016:

— 27,6 pour cent des personnes mortes de surdoses dans la province étaient âgées de 30 à 39 ans;

— 23,6 pour cent d’entre elles étaient âgées de 40 à 49 ans;

— Environ 73 pour cent des cas mortels ont touché des personnes de 19 à 49 ans, et plus de 80,7 pour cent des victimes étaient des hommes;

— La plupart des surdoses mortelles sont survenues le samedi ou le dimanche;

— Près de 90 pour cent des surdoses causées par des drogues illicites sont survenues à l’intérieur de bâtiments;

— Environ 61 pour cent de ceux qui ont perdu la vie se trouvaient dans des résidences privées;

— Aucun décès n’a été constaté dans les centres de consommation supervisée et de prévention des surdoses.