Plus de Canadiens voudraient parrainer un réfugié, selon un groupe d’aide

Il existe au pays un plus grand appétit que l’on croit généralement pour le parrainage de réfugiés, affirme un groupe de défense, Réfugiés 613.

Le groupe dit s’appuyer sur une étude qu’elle a menée avec Environics Institute après avoir obtenu un financement du ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Quelque 3000 Canadiens âgés de 25 ans et plus, dont le revenu familial était d’au moins 30 000 $, ont été consultés. Aucune autre donnée méthodologique n’a été indiquée.

Selon Réfugiés 613, près d’un répondant sur cinq dit qu’il pourrait certainement ou probablement participer au cours des prochaines années au Programme mixte des réfugiés désignés par un bureau des visas (RDBV), l’un des trois programmes mis en place par le ministère pour favoriser l’accueil des réfugiés au pays.

Les deux autres sont le Programme des réfugiés parrainés par le gouvernement et le Programme de parrainage privé de réfugiés.

Le RDBV permet aux particuliers et aux organisations non gouvernementales de parrainer des personnes ou des familles avec lesquelles ils n’avaient pas de relations antérieures.

Selon les groupes de défense de réfugiés, ces nouvelles données pourraient convaincre plus de Canadiens à participer à ce programme. Auparavant, il n’existait aucune étude ou ressource pour aider à promouvoir le RDBV, affirme la directrice de Réfugiés 613, Louisa Taylor.

«À cause de cela, le recrutement de nouveaux parrains était devenu difficile depuis longtemps», dit-elle.

Le Programme de parrainage privé de réfugiés (PPPR) ne connaît pas ce problème, explique Mme Taylor.

«La plupart des participants au PPPR sont motivés parce qu’ils parrainent un parent ou un ami ou l’ami d’un ami, mentionne-t-elle. Il est donc largement devenu un moyen de réunir les familles.»

L’objectif du programme depuis sa création en 2016 était de parrainer environ 1000 personnes par année. Il n’a jamais été atteint.

«Cela provoque beaucoup de pression au sein du gouvernement si un objectif n’est pas atteint, soupire Mme Taylor. Le programme est considéré comme raté.»

Le ministre de l’Immigration, Marco Mendicino, a déclaré vendredi que le RDBV avait de la difficulté à trouver un équilibre entre ce dont la collectivité a besoin et ce qui convient le mieux à un réfugié.

Mme Taylor juge que l’étude démontre que l’intérêt pour accueillir des réfugiés existe toujours.

«Comment atteindre ceux qui souhaitent participer au programme ? Comment leur démontrer que le besoin existe encore ? Qu’il existe tout un éventail d’organisations prêtes et disposées à les accompagner tout au long du processus», se demande-t-elle.

Elle souligne que les gens de son entourage savent à quel point l’expérience du parrainage peut être «puissante et transformante» pour les nouveaux arrivants et les parrains. Habituellement, ces histoires ne sont relayées que par le bouche-à-oreille.

Comme celle de Karina Reid.

Mme Reid et cinq de ses amis ont parrainé la petite famille congolaise d’Atosha Ngage, aujourd’hui mère de deux enfants, par l’entremise du RDBV.

«C’est l’expérience la plus marquante pour eux, mais aussi pour moi, raconte Mme Reid. Cela a complètement changé ma vision du monde.»

Selon elle, ce programme est l’un des joyaux les mieux cachés au Canada. Grâce à lui, elle a rencontré des personnes qu’elle chérira longtemps.

« Le programme RDBV change la vie, lance Mme Reid. Cela ouvre les portes à la curiosité, à la compréhension et à la volonté de faire de votre collectivité, un meilleur endroit.»

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