Plus de français dans l’affichage commercial à Montréal, se réjouit l’OQLF

MONTRÉAL — L’affichage commercial à Montréal se fait de plus en plus en français, mais plus d’une entreprise sur cinq ne respecte toujours pas les règles, constate l’Office québécois de la langue française (OQLF).

Celui-ci a publié jeudi les résultats d’une étude qui visait à faire le suivi de la situation prévalant sur l’île de Montréal.

Il parle d’une «augmentation significative» du taux de conformité à la Charte de la langue française en ce qui concerne l’affichage public, à la fois des entreprises ayant pignon sur rue et aussi de celles situées dans un centre commercial de la métropole, entre 2010 et 2017.

Selon la loi, l’affichage public et la publicité commerciale doivent se faire en français. Ils peuvent également être faits à la fois en français et dans une autre langue pourvu que le français y figure de façon nettement prédominante, sauf exception.

À Montréal, le taux de conformité de l’affichage public (ce qui combine les constatations sur les noms d’entreprise et les messages en vitrine ou autres) se situe à 77,5 pour cent, en hausse par rapport à celui de 72 pour cent enregistré en 2010.

Mais cela veut donc dire que 22,5 pour cent des entreprises sont non conformes, soit un peu plus du cinquième des commerces montréalais, note l’OQLF.

Aussi, plus d’entreprises de l’Ouest que de l’Est de l’île de Montréal ne respectaient pas l’affichage: le taux de conformité dans l’Ouest étant de 70 pour cent par rapport à 89 pour cent dans l’Est.

Selon les résultats obtenus, l’affichage des magasins des centres commerciaux est celui dont le taux de conformité à la Charte de la langue française a connu la hausse la plus importante, passant de 64 pour cent en 2010 à 78 pour cent en 2017.

Cette hausse générale se détaille comme suit: la conformité du nom d’entreprise affiché est passée de 79 à 88 pour cent et les messages affichés en vitrine ou sur un panneau près du commerce de 78 à 86 pour cent.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette augmentation du taux de conformité, selon l’OQLF, notamment des campagnes de sensibilisation, mais aussi les nouvelles dispositions réglementaires relatives à l’affichage des marques de commerce. L’Office rappelle que l’affichage public de certains restaurants franchisés arborant une marque de commerce faisant office de nom d’entreprise uniquement en anglais — comme «Second Cup» ou «Victoria’s Secret» — a été jugé conforme dans le cadre de cette étude, mais il ne l’aurait peut-être pas été dans l’étude précédente produite en 2010. Ce changement a un impact sur l’augmentation des taux de conformité. 

Au total, l’affichage de 3612 entreprises a été analysé, ce qui correspond à 2963 entreprises ayant pignon sur rue et à 649 entreprises situées dans un centre commercial de l’île de Montréal, entre février et mai 2017.