Québec souhaite qu’un «maximum» d’étudiants reviennent sur les campus cet automne

QUÉBEC — Il n’y aura pas de retour à la normale «avant 2022», mais les étudiants pourront être plus nombreux sur les campus des cégeps et des universités dès septembre.

C’est ce qu’a annoncé mardi la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann.  

Elle a dit souhaiter le retour d’un «maximum» d’étudiants. Ceux-ci devront porter le masque, mais la distanciation physique à respecter sera réduite à un mètre, au lieu d’un mètre et demi.

Cela permettra d’augmenter la capacité d’accueil des locaux, affirme Mme McCann, qui prévoit que les établissements seront cet automne «à pas loin de 60 %» de leur capacité normale.

Il s’agit là d’une «très bonne nouvelle», a-t-elle déclaré en point de presse à l’Assemblée nationale. Elle s’est dite consciente des grandes difficultés vécues par les étudiants cette année.

Ces jeunes, qui ont surtout suivi leurs cours à distance, ont été privés de contacts et de «camaraderie», et ce, à un moment «charnière» de leur développement, s’est désolée la ministre. 

Le gouvernement a entendu leur cri du coeur et amélioré l’accès aux services psychosociaux, a-t-elle dit, si bien que 15 000 étudiants ont reçu des services en psychothérapie depuis l’automne.

Près de 6000 d’entre eux ont obtenu une évaluation des troubles mentaux.

La population étudiante a bénéficié de près de 69 000 heures de services, dont 91 % ont été offertes par des ressources professionnelles dans les collèges et les universités. «C’est un bilan très positif.» 

En février, la ministre avait annoncé que les étudiants pourraient déambuler sur les campus une fois par semaine. Elle a reconnu mardi que cette annonce avait été difficile à concrétiser.

Plus de 80 % des établissements ont offert à leurs étudiants de revenir en présentiel une fois par semaine, mais ceux-ci ont éprouvé des «réticences», a concédé Mme McCann.

Les étudiants du Grand Montréal ont notamment eu peur de prendre le transport en commun, a-t-elle dit. 

Plus d’enseignement en «présentiel» cet automne ne fera pas de «miracles», prévient Québec solidaire (QS). «Il y a des jeunes qui ont été cassés en deux», a illustré en point de presse Gabriel Nadeau-Dubois. 

«Des blessures comme celles-là, ça ne se cicatrise pas en retournant à l’école, a-t-il ajouté. Les pots cassés sur le plan de la santé mentale, ça va prendre des années à les réparer.»

Ne lâchez pas!

Malgré tout, les étudiants «sont au rendez-vous», s’est félicitée la ministre, qui note qu’il n’y a pas eu de hausse d’abandons, mais une hausse d’inscriptions dans les établissements.

D’ici le retour à la normale «quelque part en 2022», elle encourage les étudiants à s’accrocher.

«Vous êtes presque à la ligne de la fin. Voyez-vous, à l’automne, ça va s’améliorer beaucoup. Ne lâchez pas!»

Mardi, Mme McCann a également annoncé le déploiement imminent du Plan d’action sur la santé mentale étudiante à l’enseignement supérieur.

Le déploiement de ce plan, dès la rentrée 2021, permettra notamment d’embaucher encore plus de ressources, et d’élaborer des outils et des programmes en santé mentale, a-t-elle soutenu.

«La pandémie a eu plusieurs effets, dont celui d’isoler les étudiants, provoquant au passage de nombreux troubles de santé. (…) Notre vision pour le bien-être des étudiants est à (…) long terme», a-t-elle assuré.

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