Plusieurs Canadiens auraient pris du poids pendant la pandémie, suggère un sondage

OTTAWA — La pandémie de COVID-19 a provoqué une prise de poids chez de nombreux Canadiens.

Un sondage mené par la firme Léger pour l’Association des études canadiennes suggère que depuis le début de la crise sanitaire, en mars dernier, bien des gens mangent davantage et font moins d’exercice physique. Depuis le 15 mars, 32 % des répondants au sondage disent avoir engraissé, alors que 15 % des personnes interrogées auraient perdu du poids pendant cette année hors du commun.  

De plus, environ un tiers des répondants ont déclaré qu’ils faisaient moins d’exercice, alors que 16 pour cent ont déclaré qu’ils s’entraînaient davantage depuis la première vague de la pandémie, au printemps.

Jack Jedwab, président de l’Association d’études canadiennes, attribue cette tendance, notamment, à une ruée vers les aliments réconfortants pour faire face à l’anxiété liée à la pandémie.

Les répondants à l’enquête qui disaient avoir «très peur» de la COVID-19 étaient plus susceptibles de déclarer prendre du poids, manger plus et faire moins d’exercice. Chez les Canadiens qui ont vécu de l’anxiété à cause des risques associés à la COVID-19, près de la moitié (46 %) ont indiqué qu’ils avaient pris du poids, 44 % ont fait moins d’exercice et 46 % ont mangé plus.

«Les gens qui sont le moins inquiets au sujet de la COVID sont ceux qui ne mangent pas plus que d’habitude et qui ne prennent pas de poids», signale M. Jedwab. 

Le sondage a été mené en ligne du 29 au 31 octobre auprès de 1516 Canadiens. Les experts en recherche et en méthodologie estiment qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne, puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

«Réinventer» ses exercices  

Le docteur Yoni Freedhoff, professeur agrégé de médecine familiale à l’Université d’Ottawa, soutient qu’il existe des raisons plausibles de lier le gain ou la perte de poids à la pandémie, mais il n’a vu aucune étude pour l’en convaincre jusqu’ici.

Certaines personnes «ne dépendent pas constamment des restaurants» et «cuisinent plus souvent à la maison», ce qui peut conduire à une perte de poids ou à de meilleurs choix alimentaires, rappelle le docteur Freedhoff. Par contre, d’autres mangent plus, notamment des aliments réconfortants, «parce qu’ils sont anxieux en raison de la pandémie ou des tragédies qui se sont déroulées dans leur vie», admet le professeur.

Selon M. Jedwab, il faut aussi être conscient des problèmes de santé mentale qui peuvent affecter la santé physique des Canadiens. «Avec l’arrivée de l’hiver, il sera encore plus difficile, dans certaines régions du pays, de maintenir un mode de vie sain — par exemple en marchant, en faisant des choses de base qui nous aideront à répondre à nos angoisses», a-t-il déclaré. Il évoque aussi la fermeture des centres d’entraînement et des gymnases.

Par contre, des entraîneurs se sont «réinventés» depuis le début de la pandémie: des sessions d’exercices ont été mises en ligne. Mais ces cours ne donnent pas aux gens un sentiment de «communauté» comme les cours en personne, admet le kinésiologue Gabriel Shaw, de Victoria, qui a offert de tels cours en ligne à ses clients. Or, certaines personnes ont besoin de ce sentiment de communauté pour persévérer. 

«Le mieux, c’est de trouver une façon de faire de l’exercice dans le plaisir. Que ce soit une promenade en toute distanciation, une randonnée ou la course à pied, du vélo avec un ami», suggère M. Shaw. «Cela pourrait être de trouver un truc sur Zoom que vous pouvez pratiquer avec vos amis, comme la danse ou d’autres activités.»

Selon M. Shaw, les gens devraient également essayer d’acquérir de nouvelles compétences —la danse, le yoga, l’escalade ou la course à pied — pour ne pas s’ennuyer et faire des choses plaisantes, ce qui est essentiel pour s’entraîner longtemps et bien.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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