Plusieurs litiges sur la présence d’observateurs du dépouillement des voix

Les autorités régissant le processus électoral dans les États toujours en jeu dans la présidentielle américaine ont vigoureusement nié les prétentions du camp Trump selon lesquelles les observateurs républicains n’avaient pas accès aux salles de dépouillement des bulletins de vote.

Les responsables de l’organisation de l’exercice démocratique ont ajouté, jeudi, que toutes les règles du processus électoral sont respectées et qu’ils sont dévoués à en assurer la transparence.

Des observateurs sont désignés par chaque parti politique avec le mandat de superviser le dépouillement des bulletins de vote par correspondance et de rapporter toute irrégularité.

Évoquant quelques cas d’observateurs démontrant un surplus d’agressivité, les autorités électorales affirment avoir agi avec prudence afin de trouver un équilibre entre l’accessibilité au dépouillement et le besoin de limiter la perturbation du processus.

«Il y avait certainement plusieurs yeux observant le processus dans toutes les salles de dépouillement du vote par procuration partout à travers l’État», a commenté la secrétaire d’État du Michigan, Jocelyn Benson, une démocrate en charge de l’organisation de l’élection.

«Je suis fière de la transparence et de la fiabilité du processus que l’on a eu. Je sais que la vérité est de notre côté, ici.»

L’enjeu de la présence d’observateurs a été au coeur de contestations judiciaires en Pennsylvanie, au Michigan et au Nevada. Alors que le décompte était pratiquement terminé au Michigan, le travail se poursuivait jeudi en Pennsylvanie et au Nevada, où une faible marge séparait le président Donald Trump et son opposant démocrate Joe Biden.

La surveillance des bureaux de vote est permise dans la majorité des États, mais les règles encadrant cette pratique varient d’un État à l’autre et des limites sont imposées pour éviter les cas d’intimidation ou de harcèlement. Les observateurs n’ont pas le droit de s’interposer dans le processus électoral et ils doivent généralement être inscrits à l’avance auprès des autorités locales.

Dans le plus important comté du Nevada, les responsables de l’élection ont indiqué que des observateurs désignés étaient admis dans certaines zones des bureaux de vote. Ils ont reçu les consignes de respecter la distanciation physique, de porter un masque et d’être escortés par du personnel du comté.

«Lorsqu’ils s’inscrivent, ils doivent accepter de respecter les règles déterminées par la loi. S’ils ne respectent pas ces règles… Ils seront expulsés», prévient Joe Garcia le directeur des élections dans le comté de Clark, qui inclut la ville de Las Vegas.

L’équipe de campagne de Donald Trump a tenté de s’interposer pour mettre fin au décompte des bulletins de vote par correspondance dans ce comté, alléguant que ses observateurs étaient maintenus trop loin du processus pour être en mesure de voir sir les signatures des électeurs correspondaient aux listes d’inscrits.

«Avec les problèmes rapportés au sujet de l’élection, nous sommes maintenant inquiets plus que jamais concernant le manque de transparence nécessaire pour contester la validité de certains bulletins», a commenté le coprésident de la campagne du camp Trump au Nevada, Adam Laxalt.

La contestation judiciaire de l’équipe Trump en vue de stopper le dépouillement au Nevada a pris fin, jeudi après-midi, lorsque les autorités électorales ont finalement accepté de donner un plus grand accès aux salles de décompte à Las Vegas.

En Pennsylvanie, les litiges concernant l’accès accordé aux observateurs se concentraient majoritairement à Philadelphie, où l’équipe de Donald Trump se plaignait de ne pas pouvoir s’approcher d’assez près pour voir si les enveloppes de votes par correspondance portaient une signature appartenant à l’électeur inscrit à l’adresse de provenance.

Les bulletins de vote par correspondance ne disposant pas de ces informations peuvent être rejetés ou contestés. Toutefois, les autorités électorales de Philadelphie ont précisé que les observateurs étaient admis pour observer le processus et pas pour en faire l’évaluation.

La secrétaire d’État de Pennsylvanie, Kathy Boockvar, a défendu la transparence du processus électoral dans son État.

«En Pennsylvanie, chaque candidat et chaque parti politique a la possibilité d’envoyer un représentant autorisé dans la salle de dépouillement pour observer le processus», a-t-elle déclaré en entrevue à la chaîne CNN. «Certaines juridictions, incluant Philadelphie, diffusent également le processus en ligne, alors vous pouvez littéralement assister en direct au décompte peu importe où vous êtes dans le monde. C’est très transparent.»

Jeudi, un juge d’État a ordonné aux autorités électorales de Philadelphie de permettre aux observateurs de s’approcher davantage des travailleurs chargés du dépouillement des bulletins de vote par correspondance.

Un porte-parole de bureau d’élection de Philadelphie a affirmé que les barrières avaient été déplacées en réaction à la décision du juge bien que la Ville ait décidé de porter le jugement en appel.

Plus tard au cours de la journée, la Cour fédérale à Philadelphie a rejeté la demande de l’équipe Trump visant à stopper le décompte des voix en raison du désaccord concernant les observateurs. Le juge a plutôt appelé les parties à s’entendre.

«Il y a des règles précises en Pennsylvanie sur l’endroit où les observateurs peuvent se trouver et ce qu’ils ont le droit de faire», a souligné Suzanne Almeida, directrice par intérim de l’organisme Common Cause Pennsylvania, qui défend les droits des électeurs.

«Ces règles s’appliquent aux deux partis de façon équitable. Tout le monde a exactement le même accès. Il n’est pas question de désavantage envers l’un ou l’autre des partis», a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, au Michigan, un juge a rejeté jeudi une requête de l’équipe Trump se plaignant du nombre d’observateurs républicains ayant accès au dépouillement des votes par procuration.

Le litige portait principalement sur Detroit, où les bulletins par procuration étaient traités dans un centre de congrès du centre-ville. Quelque 134 bureaux de comptage ont été aménagés et chaque parti politique pouvait y dépêcher un observateur, a indiqué la greffière de la ville Janice Winfrey.

Mme Winfrey dit ne pas avoir été informée si un observateur républicain a été expulsé, mais affirme que certains se sont montrés «très agressifs, tentants d’intimider les travailleurs d’élection».

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