Poilievre refuse de dire s’il couperait le programme de soins dentaires

OTTAWA — Le chef conservateur Pierre Poilievre a refusé à maintes reprises de dire clairement aux journalistes s’il couperait le programme de soins dentaires annoncé la veille dans le budget du gouvernement libéral de Justin Trudeau.

«Il n’y a pas de programme. Garder quoi? Ça n’existe pas. (…) Il n’y a pas de programme dentaire en ce moment. Il y a une autre promesse, une autre promesse électorale des néo-démocrates et des libéraux. (…) Ça n’a pas de bon sens de dire oui ou non à quelque chose qui n’existe pas», a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse houleuse dans le foyer de la Chambre des communes.

M. Poilievre venait de dire aux journalistes qu’il continuerait de fournir «la même réponse» à leurs questions, et ce malgré que ces derniers lui répliquaient qu’il est possible que le programme entre en vigueur.

Dans son budget 2023, le gouvernement annonce comment il remplira son engagement envers le Nouveau Parti démocratique (NPD) de mettre sur pied un régime de soins dentaires.

Le régime sera d’abord accessible, d’ici la fin de l’année, aux mineurs, aux personnes âgées et à celles en situation de handicap à faible revenu et il s’étendra dès 2025 à tous les Canadiens non assurés dont le revenu familial annuel est inférieur à 90 000 $.

Le budget 2023 permet d’apprendre que le coût estimé de la mesure va plus que doubler, passant à 13 milliards $ sur cinq ans. Cette enveloppe ira à Santé Canada pour «la mise en œuvre», en plus de 4,4 milliards $ annuellement après cette période.

Où couperait Poilievre?

Plus tôt en journée, le premier ministre Trudeau avait estimé que «ceux qui disent qu’on est en train de dépenser plus (…) devraient dire où ils couperaient», une référence à peine voilée à M. Poilievre.

«La réalité, c’est que les Canadiens ont besoin d’appui maintenant (et) pour les années à venir, mais ça doit être fait dans un plan responsable au niveau fiscal», avait ajouté M. Trudeau.

Pour l’année financière 2023-2024, le gouvernement fédéral projette que le déficit devrait s’établir à 40,1 milliards $. Et Ottawa fait une croix sur sa projection d’un retour à l’équilibre budgétaire dans cinq ans, ce qui désole les conservateurs.

Alors, où couperaient-ils? «C’est facile, a répliqué M. Poilievre. (Dans) l’énorme gaspillage. Il n’y a jamais eu autant de gaspillage dans un gouvernement comme on voit aujourd’hui.»

Il a mentionné les dépenses en services de consultants qui ont bondi depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux de Justin Trudeau malgré une augmentation du nombre de fonctionnaires. «Pour faire quoi?, a-t-il demandé. Pour rendre un pire service que ce qu’on avait auparavant.»

M. Poilievre a aussi promis de retrancher des dépenses prévues pour l’application ArriveCan ainsi que dans le programme de rachat d’armes à feu. «Ce sont des économies qui seront faciles à obtenir», a-t-il conclu.

– Avec des informations d’Émilie Bergeron

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