Politique d’achat local: Legault doit faire comme Biden, selon PSPP

QUÉBEC — Le Parti québécois (PQ) met au défi le gouvernement Legault d’agir comme le président américain Joe Biden et d’adopter une politique d’achat local.

Le PQ déposera un projet de loi au cours de la prochaine session parlementaire pour que le gouvernement augmente ses achats auprès de fournisseurs de produits du Québec.

Partout dans le monde, des États optent pour le nationalisme économique en raison de la pandémie et le Québec doit aussi le faire pour consolider son économie, mais aussi pour sécuriser ses approvisionnements stratégiques, par exemple en masques de procédure, en denrées, en produits pharmaceutiques ou en matériel roulant, a plaidé le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon mercredi. 

Québec dépense des milliards de dollars en biens et en équipements et il faut se servir de ce levier pour la relance, selon lui.  

«Le gouvernement devrait s’imposer l’obligation que tous les biens qu’il achète et qui sont nécessaires au fonctionnement de l’État et de ses composantes parapubliques soient faits au Québec», a déclaré M. St-Pierre Plamondon, en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

Cette semaine, le président Joe Biden a signé un décret pour que le gouvernement américain achète davantage de biens et de services à des entreprises américaines. Il vise aussi à rehausser le seuil de contenu local prévu pour qu’un produit soit considéré comme «fabriqué aux États-Unis». 

«Je mets au défi François Legault de prôner au moins autant de nationalisme économique que Joe Biden.»

M. Legault se prétend nationaliste, mais depuis le début de la crise son gouvernement «fait l’inverse et n’achète pas québécois», comme le démontrent de nombreuses entreprises d’ici qui se plaignent de ne pas avoir été choisies ou aidées par Québec, a déploré le chef péquiste. 

En vertu d’une «Politique nationale d’achat québécois», le gouvernement s’engagerait à favoriser d’abord et avant tout l’approvisionnement et l’achat local, au maximum de ce qui est permis en vertu des accords de commerce international, a-t-il poursuivi. 

En outre, une telle politique est nécessaire pour éviter l’exode d’entreprises québécoises qui déménageraient une partie de leur production aux États-Unis pour ne pas être défavorisées par la nouvelle norme de «Made in USA», estime M. St-Pierre Plamondon.  

«Si on veut protéger nos intérêts économiques et s’assurer que les règles du jeu soient les mêmes des deux côtés de la frontière, nous avons absolument besoin d’avoir notre version du ‘Buy American Act’.» 

Rappelons que les partis d’opposition peuvent déposer des projets de loi en Chambre, mais c’est le gouvernement qui les «appelle», c’est-à-dire qui décide lesquels seront étudiés en commission parlementaire et éventuellement adoptés. Ainsi, il est rare que le gouvernement, le groupe parlementaire majoritaire à l’Assemblée nationale, renonce à son initiative législative et accepte d’étudier un projet de loi d’un parti d’opposition. 

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