Destitution: les démocrates préviennent Trump de ne pas intimider les témoins

WASHINGTON — Accusant Donald Trump d’«incitation à la violence», les dirigeants démocrates de la Chambre des représentants ont vivement recommandé au président et à son administration mercredi de ne pas intimider les témoins potentiels dans le cadre de leur procédure de destitution.

Ils ont ajouté qu’ils préparaient une assignation à comparaître exigeant des documents relatifs aux relations du président avec l’Ukraine.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que M. Trump ne semble pas «reconnaître à quel point ses déclarations sont dangereuses» pour le lanceur d’alerte qui a révélé l’existence d’un appel téléphonique en juillet entre M. Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy. Lors de cet appel, M. Trump a demandé à son homologue ukrainien l’ouverture d’une enquête sur son rival politique démocrate Joe Biden et sa famille.

Le président du comité du renseignement de la Chambre, Adam Schiff, accusant M. Trump d’inciter à la violence contre le lanceur d’alerte, a déclaré que tout effort visant à entraver les enquêtes des démocrates serait considéré comme une preuve d’obstruction et pourrait être s’ajouter à la procédure de destitution.

«On ne rigole pas ici», a-t-il déclaré.

M. Trump n’a montré aucun signe d’apaisement mercredi. Lors de la conférence de presse des leaders de la Chambre, il a écrit sur Twitter: «Les démocrates inutiles devraient se concentrer sur la construction de notre pays.» Après avoir lancé de nombreuses critiques, il a qualifié M. Schiff d’«individu sans envergure». La ville d’origine de Mme Pelosi, San Francisco, serait quant à elle devenue une «ville de tentes» pour sans-abri, selon lui.

M. Trump a affirmé sur Twitter ces derniers jours qu’il souhaitait «connaître le lanceur d’alerte» à l’origine de la plainte et l’interroger, même si l’identité de cette personne est protégée par la loi.

Un «mépris flagrant»

Les démocrates ont annoncé qu’ils allaient exiger vendredi de la Maison-Blanche des documents relatifs aux relations entre M. Trump et l’Ukraine, invoquant un «mépris flagrant» de leurs précédentes demandes d’information. Le président du comité de surveillance et de la réforme de la Chambre, Elijah Cummings, a écrit dans une note de service adressée aux membres du comité mercredi que le geste était nécessaire, car la Maison-Blanche avait ignoré de nombreuses demandes.

Compte tenu des «avertissements stricts et urgents» que l’inspecteur général du renseignement a adressés au Congrès, a déclaré M. Cummings, le comité n’a «pas d’autre choix que d’imposer cette citation à comparaître».

La citation à comparaître sera adressée au chef de cabinet par intérim de la Maison-Blanche, Mick Mulvaney, et demandera 13 lots distincts de documents liés à l’appel de juillet et à d’autres questions connexes. L’appel s’est déroulé dans le contexte d’un programme d’aide étrangère de 250 millions $ US destiné à l’Ukraine, préparé par le Congrès mais bloqué par M. Trump.

Stephanie Grisham, l’attachée de presse à la Maison-Blanche, a déclaré que la citation à comparaître n’était «rien d’autre que plus de demandes de documents, du temps perdu et de l’argent des contribuables qui montreront en définitive que le président n’a rien fait de mal».

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a reconnu mercredi qu’il avait participé à l’appel téléphonique de juillet entre le président Donald Trump et le président ukrainien, appel qui est au centre de l’enquête de destitution de la Chambre.

Il a fait cette déclaration lors d’une conférence de presse à Rome, affirmant qu’en tant que chef de la diplomatie des États-Unis, il connaissait bien la politique américaine à l’égard de l’Ukraine.

Mais il a continué à se montrer réfractaire à l’enquête de la Chambre, affirmant que les enquêteurs avaient contacté «des employés du département d’État directement» et leur avaient demandé de ne pas solliciter les avocats du département pour obtenir des conseils.

Il a déclaré que le département d’État «ferait (son) devoir constitutionnel de coopérer» avec le Congrès, mais ne tolérerait pas «l’intimidation».

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