«Popcorngate»: Québec va indemniser les propriétaires de cinémas

QUÉBEC — Les contribuables vont devoir assumer l’interdiction faite aux propriétaires de cinémas de vendre du popcorn dans leur établissement.

Le gouvernement Legault s’est rendu aux arguments et doléances des propriétaires de cinémas en acceptant de les indemniser.

Jeudi matin, en point de presse, le premier ministre François Legault a mis le couvercle sur la marmite du «popcorngate», en annonçant que les propriétaires seraient compensés pour les pertes financières encourues.

«Si vous faites beaucoup de profit avec le popcorn et je vous empêche de vendre du popcorn, je vous offre une compensation», a-t-il commenté en anglais. 

Mardi, M. Legault annonçait qu’en prévision de la semaine de relâche, les cinémas pourraient rouvrir leurs portes, à compter du 26 février, partout au Québec, mais ne pourraient pas servir de nourriture, pour respecter les mesures sanitaires. Le principe étant que les spectateurs devront porter un masque durant toute la projection.

Un tollé n’a pas tardé. Dénonçant l’approche gouvernementale, les propriétaires de cinémas faisaient valoir qu’ils faisaient peu de profits sur la vente de billets, et misaient plutôt sur la vente de maïs soufflé pour renflouer la caisse et assurer la rentabilité de leur activité.

Questionné à savoir s’il avait été pris par surprise par le fait que l’interdiction de vendre une grignotine prenne autant de proportions, au point de devenir un enjeu politique, M. Legault a observé que si on lui avait dit il y a quelques mois qu’il devrait gérer un «popcorngate» au Québec, il ne l’aurait pas cru.

Depuis mardi, l’Association des propriétaires de cinémas demandait au gouvernement de revoir sa décision et d’autoriser les cinémas à vendre des produits alimentaires ou alors de les compenser pour la perte de ces revenus.

Des propriétaires de cinémas, dont le président des cinémas Guzzo, Vincent Guzzo, ont menacé le gouvernement de ne pas ouvrir leurs portes durant la semaine de relâche scolaire si Québec n’obtempérait pas.

«M. Guzzo est très présent sur Twitter. Il n’a pas dit de belles choses à mon sujet», a relaté le premier ministre.

En zone rouge, les cinémas devront aussi tenir compte de l’obligation de respecter le couvre-feu imposé à 20 heures.

En annonçant la réouverture des cinémas à temps pour la semaine de relâche, le gouvernement visait à accommoder les parents, en autorisant les enfants à aller voir un film dans l’après-midi. 

Théâtres fermés

Le premier ministre avait aussi été critiqué ces derniers jours en autorisant l’ouverture des cinémas, tout en laissant les théâtres fermés, un choix jugé incompréhensible et injustifié selon certains.

M. Legault a justifié cette décision, en disant que la plupart des théâtres fonctionnaient principalement le soir, rendant compliqué voire impossible le respect du couvre-feu de 20 heures.

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