Port de Montréal: les débardeurs voteront dimanche sur une offre finale

MONTRÉAL — Il n’y a pas eu d’entente entre les parties, au port de Montréal, dans le cadre de la trêve de sept mois, mais les 1125 débardeurs vont néanmoins se prononcer sur une offre finale, dimanche.

La trêve, d’une durée de sept mois, avait été conclue entre l’Association des employeurs maritimes et la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affiliée à la FTQ, en août dernier.

C’est donc à l’issue de la trêve que les 1125 débardeurs seront appelés à voter. 

Il n’y a toutefois pas eu d’entente entre les parties, même après des mois de discussions, avec l’aide de trois médiateurs, et même des séances intensives de médiation. C’est plutôt sur une offre finale et globale que les débardeurs vont se prononcer.

Il n’a pas été possible de savoir si le syndicat recommandera à ses membres d’accepter l’offre finale ou s’il restera neutre face à celle-ci, en laissant ses membres trancher après la présentation des détails de l’offre.

Le syndicat et l’association patronale s’étaient en effet engagés à ne pas parler aux médias durant la trêve.

Il était convenu qu’à l’issue de la trêve, les parties retrouveraient leur droit de lock-out et de grève.

La question des horaires de travail était au coeur du litige.

Cette négociation a été particulièrement longue et difficile. Le premier vote de grève des débardeurs remonte à décembre 2018 et il a dû être repris à plusieurs occasions depuis, vu les délais encourus.

Les débardeurs avaient débrayé durant une dizaine de jours, en août dernier, avant de conclure la présente trêve.

L’Association des employeurs maritimes avait tenté d’empêcher la grève en demandant au Conseil canadien des relations industrielles — un tribunal administratif — de déclarer que l’ensemble des activités de débardage étaient des services essentiels.

Mais le CCRI avait statué autrement, après avoir tenu 25 jours d’audiences étalés sur plusieurs mois en 2019.

Il avait admis qu’une grève entraînerait certes des répercussions économiques et financières, mais  «aucune preuve directe ne permet au Conseil de conclure que ces inconvénients causeraient un risque imminent et grave pour la santé et la sécurité du public» — et c’est là la définition de «services essentiels» au fédéral.

Le CCRI avait rappelé que le droit de grève est protégé par le Code du travail et que la Cour suprême du Canada a statué, en 2015, que ce droit bénéficie d’une protection constitutionnelle.

Le port de Montréal a une importance économique capitale, ce qui inquiète passablement les entreprises qui en dépendent. Le premier ministre François Legault l’avait décrit comme «le poumon économique du Québec et même de l’Ontario», l’été dernier.

Laisser un commentaire