Porter un masque pourrait protéger contre une infection plus sévère

MONTRÉAL — Porter un masque pourrait empêcher une éventuelle infection par le coronavirus de dégénérer en maladie trop sévère, avancent des chercheurs dans le New England Journal of Medicine et le Journal of General Internal Medicine.

Essentiellement, le port du masque pourrait limiter la charge virale à laquelle le patient est initialement exposé, et donc la gravité subséquente de la maladie.

Il s’agit d’une précision importante, alors que depuis le début de la pandémie on explique à la population que le port du masque sert principalement à freiner la propagation du virus d’une personne à l’autre.

«Si jamais on est infectés malgré le port d’un couvre-visage, les données préliminaires semblent démontrer une protection contre une maladie plus sévère, a commenté la docteure Caroline Quach-Thanh, du CHU Sainte-Justine. S’il y a moins de virus qui rentrent dans tes poumons, tu es moins malade.»

Il y a toutefois plusieurs bémols à apporter à cette nouvelle, précise la docteure Quach.

Dans un premier temps, «comme ce sont des masques maison, il n’y a pas de normes qui disent à quel point ça protège». Si les gens portaient des masques de procédures, ajoute-t-elle, clairement ils seraient aussi protégés individuellement.

Mais surtout, «quand on regarde les éclosions, c’est rare qu’on dit, ‘je l’ai attrapé du ciel’», a-t-elle dit.

«J’ai l’impression que les gens ne s’infectent pas pendant qu’ils portent le masque, a estimé la docteure Quach. Ils s’infectent quand ils l’enlèvent et qu’ils s’assoient dans un restaurant pour manger avec des amis à moins de deux mètres pendant longtemps, surtout si c’est à l’intérieur. C’est là qu’on s’infecte.

«Donc tu portes ton masque toute la journée et il te protège toute la journée, mais là où tu vas attraper (la COVID), c’est quand tu vas l’enlever.»

De plus, il n’est pas impossible qu’une maladie moins sévère dans l’immédiat soit porteuse de moins bonnes nouvelles à plus long terme, prévient la docteure Quach.

«On ne sait pas, quand on fait l’infection, surtout si on la fait pas sévère, si nos anticorps et notre réponse immunitaire sont assez bons pour nous protéger à long terme, a-t-elle expliqué. Il y a des questions qu’on se pose quant à savoir s’il n’y a pas une maladie plus sévère quand on a quelques anticorps contre la maladie, et qu’après on la rattrape.»

Pour le moment, les recommandations restent donc les mêmes: portez un masque, et idéalement un masque de procédures, quand vous sortez en public — autant pour protéger les autres que pour vous protéger vous-mêmes.

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