Possible destitution: le directeur de la SQ, Martin Prud’homme, crie à l’injustice

QUÉBEC — La Commission de la fonction publique va enquêter sur les agissements du directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud’homme, soupçonné d’avoir commis une faute déontologique grave.

C’est ce qu’a annoncé vendredi la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, sans dévoiler les détails de ce qui est reproché à M. Prud’homme, qui est suspendu avec solde depuis plus de 18 mois.

La commission devra ensuite recommander ou non la destitution du directeur général de la SQ ou une suspension sans solde.

Pour sa part, Martin Prud’homme a affirmé dans un communiqué avoir appris «avec consternation et un sentiment profond d’injustice» que le gouvernement mandatait la commission pour qu’elle fasse enquête sur sa possible destitution.

Avant même l’annonce de Mme Guilbault, M. Prud’homme soutenait que le gouvernement s’apprêtait à prendre une décision «sur la base de faits erronés, incomplets et qui comportent une multitude de raccourcis».

«Je n’ai jamais eu le droit de me défendre adéquatement et j’en conclus aujourd’hui que je suis victime d’une volonté du gouvernement de mettre fin à 32 ans de carrière au service du public», a-t-il déclaré. 

«J’entends défendre mes droits et ma réputation devant une instance juste et impartiale puisque j’ai perdu toute confiance dans la capacité du sous-pouvoir politique qui a déjà décidé que ma carrière était terminée.»

Motif sérieux

Selon Mme Guilbault, un comité d’experts chargé d’effectuer une enquête administrative sur Martin Prud’homme a conclu qu’il a commis une faute déontologique suffisamment grave pour que le processus d’enquête prévu à la loi se poursuive.

Cette faute aurait été commise lors d’un appel que M. Prud’homme a fait à la directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Annick Murphy, en octobre 2017. M. Prud’homme a depuis ce temps été blanchi de toute allégation criminelle.

Mme Guilbault a affirmé en point de presse vendredi endosser le rapport du comité d’experts, qui a d’abord été remis à M. Prud’homme le 9 juin, avant d’atterrir sur son bureau en septembre.

«Je juge que le motif est sérieux, a-t-elle déclaré. Si je considérais que c’est frivole ou que c’est mineur, on ne serait pas rendu à mandater la Commission de la fonction publique.» 

Le rapport d’experts — que la ministre qualifie de «pièce maîtresse» dans cette affaire — ne sera rendu public que si M. Prud’homme y consent.

Pour l’instant, le directeur général de la SQ a le «droit» de faire appel au «tribunal de l’opinion publique», selon Geneviève Guilbault. «C’est un peu ce qu’il fait depuis ce matin, et c’est son droit le plus strict», a-t-elle affirmé.

La ministre considère toutefois que le gouvernement «suit scrupuleusement le processus prévu à la loi» et agit «dans le respect des droits» du grand patron de la SQ.

Manque de transparence

Une fois les travaux de la Commission de la fonction publique terminés (aucun délai n’est prescrit dans la loi), ce sera aux députés de l’Assemblée nationale de voter aux deux tiers la possible destitution de M. Prud’homme. 

La partie n’est pas gagnée d’avance. Réagissant au nouveau rebondissement dans cette affaire, le Parti libéral du Québec (PLQ) a reproché vendredi à la ministre Guilbault de manquer de transparence.

«On ne sait toujours pas ce qui est reproché (à M. Prud’homme)», s’est insurgé le porte-parole libéral en matière de sécurité publique, Jean Rousselle.

«C’est du numéro un de la SQ dont on parle. À la lumière des informations dont on dispose, cela s’apparente à un règlement de compte et de l’acharnement.» 

Par ailleurs, cette situation minerait la confiance des citoyens envers les institutions policières québécoises, selon M. Rousselle.

Pour Québec solidaire (QS), «il est temps de mettre un terme à la petite politique dans la police: ça ternit nos institutions policières déjà en mal de confiance». 

«Plus que jamais, il faut introduire des civils pour briser ces dynamiques malsaines qui perdurent depuis des années au sein de ces institutions. Le Québec a grand besoin d’une transformation de ses corps policiers», a déclaré le député Alexandre Leduc.  

Au Parti québécois (PQ), on maintient qu’il est encore trop tôt pour prendre position sur un futur vote de confiance.

«Nous sommes très préoccupés par le fait que M. Prud’homme n’aurait pas eu la chance de faire valoir son point de vue», a déclaré le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

«Nous demandons une fois de plus à rencontrer M. Prud’homme à huis clos et d’avoir accès à tous les rapports», a-t-il ajouté.  

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Aujourd’hui eût dû être jour national de « repentance » et réconciliation, d’excuses, de demande de pardon – pour vachienneries accomplies par le duo poli-poli (politique-police) le 16 octobre 1970.

En lieu et place de cela, assiste-t-on, en cet autre 16 octobre historique anniversaire mi-séculaire, presque à une répétition-reproduction, coordonnée dirait-on, d’un même quelque chose ou par trop ressemblant, où le poli-poli, à nouveau, se verrait lié, de près, trop, en quelque chose pas ben ben beau. Pourquoi? Mais qu’y a-t-il donc, côté poli-poli, d’à ce point apparemment insoluble ou insurmontable, poléthiquement ou fonctionnellement, de siècle en siècle au pays du Québec?

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L’Important n’est-il pas que M. Prud’homme gagne à la fin? Pour ce, il pourrait ne pas y avoir 36 manières d’y parvenir. Mais probablement qu’une seule dorénavant: faire pencher le plus possible l’Opinion en sa faveur, de manière à ne pas perdre ‘en finale’; advenant que les « juges de la Cour suprême » aient à se prononcer… Or, c’est ce qui s’avère le plus probable maintenant — que ça se rendra devant l’Assemblée nationale. Laquelle aura alors à trancher. Définitivement.

Problème? Oui, problème. Car QS n’a guère d’atomes crochus avec « la Police ». Puis c’est un parti affirmativement féministe. Cela faisant en sorte qu’advenant que la CFP conclurait que M. Prud’homme aurait effectivement ‘trop monté le ton’ ou fait quoi que ce soit d’autre considéré par trop répréhensible impliquant Quelqu’unE…

À cet égard, l’argument courant voulant que la plainte ne serait apparue que plus d’un an plus tard – ne tient pas. Puisque quelqu’un.e peut être si inhibée (re: état de choc) suite à une agression sexuelle par exemple, que cela peut prendre des années avant de dénoncer ou porter plainte.

Voilà pourquoi SI M. Prud’homme ne veut pas — (risquer de) — tout perdre, il a avantage à mettre toutes les chances de son côté. Cela voulant dire que si, de fait, il aurait dit ou fait quelque chose outrepassant, tant soit peu, ce qui est considéré admissible, pour quelqu’un de son rang (ou) à l’endroit de quelqu’une exerçant une (haute) fonction donnée; LA Chose à faire, le cas échéant, serait d’en convenir tout de go, candidement, le reconnaître dès maintenant, et s’en excuser, bref. Arguant qu’il peut arriver à tout le monde, UNE fois en sa vie, de faire UNE erreur. A fortiori, minime.

« Minime » ? Oui, minime. Puisque a déjà été bien reconnu qu’il n’a rien fait de « criminel ».

Alors, voilà, c’est ça. En se mettant, ainsi, sympathiquement, le Grand Public de son côté; s’avérera-t-il alors plus « ‘gênant’ » pour QS — (d’être tentée) — de l’envoyer au bûcher…

D’accord ? L’Important, c’est qu’il gagne, à la fin, pour pouvoir en bénéficier, lui d’abord et ses proches, le reste de sa vie; et pour que nous aussi puissions en bénéficier… 😉

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