Pour la rentrée scolaire: tutorat, pas d’examen du ministère et ouvrir les fenêtres

MONTRÉAL — Examens du ministère annulés, tutorat pour les élèves en difficulté, pondération modifiée des bulletins. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé vendredi un train de mesures pour faciliter la rentrée scolaire après le congé des Fêtes allongé à cause de la COVID-19. 

Ainsi, les trois bulletins réguliers d’une année scolaire passent plutôt à deux, avec une pondération qui ne sera pas de valeur équivalente pour ces deux bulletins. Le second vaudra davantage — on ignore encore jusqu’à quel point — afin de donner plus de chance aux élèves de se reprendre s’ils ont des difficultés, a précisé le ministre Roberge en conférence de presse.

Le premier bulletin, qui devait être remis le 22 janvier, pourra ne l’être que le 5 février, afin d’alléger un peu la pression sur les enseignants, a affirmé le ministre de l’Éducation.

Aussi, les élèves n’auront plus à passer les fameuses épreuves ministérielles, vu le contexte de la pandémie.

«Les bonnes nouvelles, c’est qu’au niveau pédagogique, on a vraiment le sentiment qu’on a été écouté», s’est réjouie en entrevue Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la CSQ.

«On arrête la course aux pourcentages pour les réussites et, vraiment, on vient focuser sur les apprentissages des élèves, faire baisser la pression et rassurer les élèves. Le bulletin ne devient plus la priorité; c’est l’élève et ses apprentissages qui revient au coeur de la pédagogie.» 

Tutorat

Quant au tutorat, il permettra de soutenir les élèves qui éprouvent des difficultés. Pour ce faire, Québec compte solliciter les bénévoles, les enseignants retraités ou les étudiants de cégep ou d’université concernés, en passant par le portail Répondez présent.

Les comités de parents se sont réjouis de ces mesures, tout en craignant qu’elles prennent un peu trop de temps à être mises en place. Ces mesures sont «des points de départ pour favoriser la réussite éducative des nos jeunes», a commenté Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec, tout en espérant que le tout sera déployé rapidement.

L’Association québécoise du personnel de direction des écoles se félicite de ce coup de pouce aux élèves en difficulté. «Offrir davantage de ressources aux élèves représente une bonne nouvelle, mais nous avons hâte de voir comment cela va s’articuler concrètement sur le terrain», a fait savoir son président Carl Ouellet.

Profs vaccinés

Bonne nouvelle pour les enseignants: ils pourront être vaccinés plus tôt que prévu, tout comme ceux qui travaillent dans les services de garde scolaires, vraisemblablement en mars ou avril, a précisé le ministre Roberge.

La précision a réjoui Mme Scalabrini et le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette. Mais M. Mallette a aussi insisté pour qu’il y ait des tests de dépistage accéléré en milieu scolaire.

Le docteur Richard Massé, conseiller médical stratégique à la Direction générale de la santé publique, a par ailleurs invité les parents à ne pas attendre si un enfant éprouve des symptômes d’allure grippale. Il faut vite lui faire passer un test de dépistage et ne pas envoyer l’enfant à l’école, afin d’éviter une possible contagion dans la classe.

Ventilation et purificateurs

Pour ce qui est de la ventilation dans les écoles, Québec compte tester la présence de dioxyde de carbone dans l’ensemble des quelque 3300 écoles.

Pour le moment, la qualité de l’air dans 1369 classes a été testée, trois fois chacune, avec des résultats «assez encourageants», a opiné le ministre Roberge.

Québec s’était donné une norme acceptable de 1000 ppm, bien qu’une norme de 5000 ppm soit tolérée en milieu de travail. L’échantillonnage dans les classes a donné une moyenne de 804 ppm.

Seuls 3 % des locaux posaient problème et des solutions de rechange ont été ou vont être trouvées, a-t-il assuré. Il ne faut plus utiliser les locaux problématiques.

Mais M. Mallette, de la FAE, rappelle qu’il manque déjà de locaux dans les écoles, au point où on a dû utiliser des locaux non prévus pour cela afin d’y aménager des classes.

À la lumière du rapport sur la ventilation et les aérosols, le docteur Massé ne recommande pas d’utiliser de purificateur d’air. Il recommande plutôt d’aérer, d’ouvrir les fenêtres et les portes, plusieurs fois par jour, même si c’est l’hiver.

«On n’interdit pas (les purificateurs d’air); on ne recommande pas qu’ils soient installés», a affirmé le docteur Massé.

Le recours à des purificateurs d’air pourrait même nuire, s’ils sont mal installés, en rebrassant des gouttelettes qui seraient en suspension dans l’air, a-t-il illustré.

Il a expliqué qu’un purificateur doit être dirigé vers celui qui émet les gouttelettes problématiques. Il peut donc être utile en milieu hospitalier, mais pas en classe, où on ignore qui peut être porteur du virus.

Québec ne va toutefois pas exiger que ceux qui ont déjà installé un purificateur d’air le retirent. «Il va falloir que des experts, non pas des gens qui vendent des purificateurs d’air», mais des experts, «puissent se rendre sur place et s’assurer que c’est fait selon les normes», a prévenu le ministre Roberge.

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