Pour se faire entendre, le Parti conservateur envisage d’organiser des manifestations

QUÉBEC — Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, se dit prêt à organiser des manifestations si on continue de lui interdire l’accès au Parlement.

Ça fait partie des scénarios, a-t-il déclaré mercredi en point de presse à l’extérieur de l’Assemblée nationale. Chose certaine, l’exclusion du PCQ «n’envoie pas le bon message», a-t-il soutenu.

Le 3 octobre dernier, les conservateurs ont obtenu 13 % du vote populaire, sans toutefois faire élire de députés. M. Duhaime, lui-même défait dans Chauveau, affirme représenter 530 000 Québécois.

Il réclame un bureau à l’Assemblée nationale et le droit d’y tenir des points de presse. Sinon, le parti se fera entendre «autrement», a-t-il promis.

Au lendemain de l’élection, le premier ministre François Legault avait exclu toute possibilité de faire entrer M. Duhaime au Parlement, car son parti n’avait fait élire aucun député.

«M. Legault, s’il décide que la démocratie, ce n’est pas important, et que 530 000 Québécois, ça ne vaut rien pour lui, il va subir les conséquences de ses actes», a tonné mercredi M. Duhaime.

«S’il pense que c’est dehors qu’il faut manifester, sortir dans la rue (…) parce qu’il n’est pas assez démocrate pour nous laisser entrer à l’Assemblée nationale, bien il subira les conséquences de ses décisions», a-t-il renchéri.

Le chef conservateur s’est plus tard défendu de faire des menaces. 

«Il va subir les conséquences, ça veut dire que les gens vont se manifester autrement. (…) Je focalise sur le Plan A, mais c’est sûr que s’il ne fonctionne pas, en novembre, on va se retourner de bord et on va faire autre chose.»

M. Duhaime a reçu l’appui d’une alliée insoupçonnée: l’ancienne co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David. «Les idées de M. Duhaime doivent avoir une place», a-t-elle soutenu en mêlée de presse. 

«Je pense que c’est ça aussi, la démocratie, même si, vous me comprenez bien, je ne partage à peu près aucune de ses idées», a poursuivi celle qui assistait à l’assermentation des députés solidaires.

Moins de ministres

Par ailleurs, Éric Duhaime a réclamé mercredi la réduction de la taille du conseil des ministres. Il en fait une question de saine gestion des fonds publics.

Selon les informations qui circulent, M. Legault devrait présenter jeudi un conseil des ministres gonflé. Le nombre de ministres pourrait passer de 26 à 28 ou 30. Or, M. Duhaime croit qu’il faut le réduire à 20.

Le chef du PCQ suggère de regrouper certains ministères, en plus d’abolir les postes de ministres délégués.

«On est en période de récession à l’horizon, de haute inflation, d’augmentation des taux d’intérêt très importants, a-t-il plaidé. L’heure n’est pas à fêter et à donner des bonbons aux amis; l’heure est à se serrer la ceinture.»

Interrogé à savoir s’il aurait, lui, prêté serment au roi Charles III, M. Duhaime a dit respecter les institutions, mais accorder aussi beaucoup d’importance au libre-choix. 

Les députés de Québec solidaire et du Parti québécois ont provoqué un débat avec leur refus de prononcer le serment obligatoire à la couronne britannique lors de leurs assermentations.

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