Premier débat des chefs au Nouveau-Brunswick: tirs groupés contre Blaine Higgs

FREDERICTON — Le chef progressiste-conservateur et premier ministre sortant du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a passé une grande partie du premier débat de la campagne à défendre sa décision de déclencher des élections anticipées et à rejeter les accusations selon lesquelles il compte secrètement couper dans les services publics.

M. Higgs, qui dirigeait depuis 2018 un gouvernement minoritaire, a fait valoir que la province a besoin de stabilité politique, tandis qu’elle se remet des répercussions de la pandémie de COVID-19.

«Nous avons une stratégie à long terme et une vision pour non seulement revenir là où nous en étions pré-COVID, mais aller bien au-delà», a déclaré M. Higgs au cours du débat d’une heure et demie.

La relance économique du Nouveau-Brunswick est la plus rapide du pays, a-t-il tenu à souligner.

«Un gouvernement majoritaire au cours des quatre prochaines années veillera à ce qu’on ne déraille pas et à ce qu’on ne retourne pas à de la petite politique.»

Mais le chef du Parti vert, David Coon, a remis en question ce qui a motivé sa décision de dissoudre la législature et de déclencher la toute première campagne électorale depuis l’apparition du nouveau coronavirus au Canada

«Quand il parle de »stabilité », il veut dire qu’il ne veut pas que le processus démocratique fonctionne, a avancé M. Coon. Il veut avoir un gouvernement majoritaire pour mettre en œuvre son plan secret, quel qu’il soit, pour sauver le Nouveau-Brunswick et nous ignorons ce qu’il en est.»

Au moment de la dissolution de l’Assemblée législative, les conservateurs et les libéraux disposaient chacun de 20 sièges, tandis que les verts et l’Alliance des gens en avaient chacun trois. On compte deux sièges vacants et un député indépendant.

M. Higgs a déclenché le scrutin trois jours après que les libéraux eurent quitté les pourparlers autour d’une proposition des progressistes-conservateurs qui aurait éliminé la possibilité de tenir une élection avant octobre 2022 ou d’ici la fin de la pandémie.

Gerald Bourque, du parti Keep it Simple Solutions, s’est également interrogé sur l’appel aux urnes. Il a plaidé que si la reprise économique de la province était si forte, il n’était pas nécessaire de convoquer les électeurs de la sorte.

Le chef libéral Kevin Vickers a accusé son adversaire conservateur d’avoir manoeuvré par «lâcheté» et d’avoir «lancé les dés» dans le but de s’emparer du pouvoir.

M. Vickers a affirmé que M. Higgs avait perdu la confiance des citoyens en tentant de couper des services dans des hôpitaux ruraux.

«Avec tout le respect que je vous dois, vous avez perdu la confiance des Néo-Brunswickois dans le dossier des soins de santé, a-t-il lancé. Ce que vous avez proposé était irréfléchi et dommageable.»

M. Higgs a répondu que la réduction des heures d’ouverture dans certaines urgences en régions éloignées était un mauvais plan qui a été abandonné et qui ne sera pas remis sur la table.

Les leaders des tiers partis ont mis en garde contre l’élection d’un gouvernement majoritaire et ont relevé que les bonnes décisions prises au sein de la législature minoritaire et du comité multipartite du cabinet sur la COVID-19.

Le chef de l’Alliance des gens, Kris Austin, a soutenu que les deux principaux partis ne traiteraient pas la question linguistique et maintiendraient en place des autorités sanitaires francophones et anglophones distinctes qui se disputent les ressources.

Le chef néo-démocrate par intérim, Mackenzie Thomason, a pour sa part souligné que la présence de tiers partis à l’Assemblée législative permet de tenir les principales formation sur la sellette.

Le scrutin doit avoir lieu le 14 septembre.

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