Préposés aux bénéficiaires: la ministre McCann défend ses bourses

MONTRÉAL — La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, estime que son système de bourses de 7500 $ pour former davantage de préposés aux bénéficiaires donne déjà des résultats, puisque 620 candidats s’en seraient prévalus jusqu’ici.

Lorsque ces bourses de 7500 $ avaient été annoncées, le 14 août, Québec avait précisé qu’il en financerait 2000 et se disait prêt à reconduire le programme s’il était populaire.

Or, les Centres de formation professionnelle contactés par La Presse canadienne dans cinq régions du Québec — dont le plus important au Québec, celui de Montréal, qui forme une trentaine de groupes par année — ont tous indiqué qu’ils n’avaient pas remarqué d’augmentation dans les demandes d’inscription à ces programmes.

L’un d’entre eux avait même moins d’étudiants qu’à pareille date l’an dernier, étant passé de deux cohortes à une.

Certains centres avaient affirmé que leurs étudiants s’étaient bel et bien prévalus de la bourse, mais, dans bien des cas, ces étudiants avaient rempli leur demande d’admission et avaient été acceptés avant même que les bourses soient annoncées. Ils s’en sont prévalus après coup, après que les Centres intégrés de santé et de services sociaux les eurent rencontrés. Ce n’est donc pas la bourse qui les a attirés dans le programme. Or, c’est le but de ces bourses: attirer de nouveaux candidats, puisqu’il y a présentement une pénurie de préposés aux bénéficiaires, particulièrement dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Interrogée en Chambre mercredi, la ministre a admis que «c’est inégal d’une région à l’autre». Néanmoins, elle se dit optimiste et croit que «ça va continuer d’augmenter». Les 620 bourses représentent 31 pour cent des 2000 visées.

Les Centres de formation professionnelle contactés avaient fait valoir que ces bourses étaient encore peu connues du public.

À Montréal, on avait noté que les conditions étaient plutôt restrictives pour les candidats, souvent peu fortunés. La bourse de 7500 $ doit en effet être remboursée si l’étudiant ne mène pas ses études à terme, avec diplôme, sans compter qu’il doit s’engager à travailler durant deux ans pour l’établissement de santé qui l’a parrainé.

Là-dessus, la ministre McCann a indiqué: «on continue d’évaluer la situation».

Améliorez les conditions, dit le PQ

Le député péquiste de Rimouski, Harold LeBel, a fait valoir qu’il serait préférable d’améliorer les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires pour attirer des candidats dans le métier.

Il reprend en cela l’affirmation des syndicats qui représentent ces préposés aux bénéficiaires, qui font tous valoir que les salaires — qui vont de 20,55 $ à 22,35 $ l’heure — sont insuffisants pour prendre soin de personnes malades, âgées.

«On paie plus cher quelqu’un qui fait des hamburgers que quelqu’un qui va venir aider des personnes handicapées», s’est insurgé le député LeBel.

La ministre Marguerite Blais, responsable des Aînés, s’est aussi portée à la défense de ces bourses. «Il n’y a personne qui va pouvoir nous reprocher d’avoir essayé de poser des gestes concrets pour être en mesure d’embaucher des préposés aux bénéficiaires en leur octroyant des bourses, en les formant sur place», a-t-elle renchéri.

La négociation des conventions collectives avec les syndicats qui représentent le demi-million d’employés de l’État, dont les préposés aux bénéficiaires, doit commencer plus tard cet automne. Le premier ministre François Legault a lui-même évoqué la possibilité que les préposés bénéficient d’augmentations plus généreuses que les autres employés de l’État, vu la pénurie de personnel dans ce domaine.

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Avant de semer des fleurs autour de la maison parce que ça sent bon et que ça attire les abeilles, il aurait mieux fait de solidifier les poutres qui soutiennent les fondations de cette maison ! Ces dernières tombent en ruines… Allez-vous laisser s’écrouler le système de santé et de ce fait justifier une privatisation tant rêvée par les gouvernements et l’entreprise privée ? est-ce votre but ? … Restera que les fleurs qui sentaient bons autour de la maison et personnes pour en prendre soins, elles se faneront bien vite! … et les abeilles s’en sont allées ! … et vous n’aurez plus de miel car c’est aussi ce qu’elles offres les PABS, une douceur, un baume à nos/vos familles en fragilité de santé …

Visitez, madame, les hôpitaux et les chsld, allez-y sans vous annoncer et vous y verrez leur dure labeur. Elles courent tout le temps et elles sont épuisées. Elles rentrent chez elles insatisfaites parce qu’elles n’ont pu réconforter Mme du 17 a qui a eu une très mauvaise nouvelles aujourd’hui, parce que M. du 63 b est tombé faute d’être arrivé plus tôt pour l’aider, parce que M. du 11 b est triste de n’avoir pu prendre une marche au corridor car elles n’avaient pas le temps… La charge de travail n’a jamais été aussi lourde et il s’installe sournoisement un vent de désespoir dans notre profession…

Les cloches d’appels ont été nombreuses encore aujourd’hui et les préposées aux bénéficiaires les entendent raisonner jusqu’aux creux de leurs lits la nuit tombée. Notre rêve de prendre soins est devenu un cauchemar faute de reconnaissance »de gestionnaires » envers notre travail et de qui nous sommes … et notre fierté s’en est allée !

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