Près de 5000 espèces présentent un certain niveau de risque de disparition au Canada

MONTRÉAL — Le rapport Espèces sauvages 2020 publié mardi par le gouvernement fédéral indique que 4883 espèces présentent un certain niveau de risque de disparition au Canada.

La première étape afin de prévenir la disparition d’espèces est d’identifier celles qui existent, où elles se retrouvent et quel est leur statut.

C’est ce que fait le Canada depuis l’an 2000, en publiant tous les cinq ans un rapport sur les espèces sauvages au pays.

Dans le rapport publié en l’an 2000, seulement 1670 espèces étaient identifiées et dans celui publié mardi, il y en a plus 50 534.

Parmi elles, environ la moitié ne sont pas suffisamment connues pour qu’on soit en mesure d’évaluer leur niveau de vulnérabilité. Sur les 24 483 que l’on peut identifier et répertorier, 4883, donc 20 %, présentent un certain niveau de risque de disparition. Ces espèces incluent des végétaux, des champignons, des insectes, des poissons ou encore des mammifères comme la baleine franche de l’Atlantique Nord ou le caribou forestier.

Plus précisément, les 50 534 espèces incluses dans ce rapport représentent environ 63 % des espèces connues au Canada dans le règne des animaux, environ 75 % dans le règne des végétaux, environ 77 % dans le règne des champignons, aucune dans le règne des chromistes, et environ 29 % dans le règne des protozoaires, souligne l’étude.

Un outil pour protéger la biodiversité

«Le rapport est une contribution absolument essentielle pour protéger la biodiversité. Les données permettront aussi d’appuyer les provinces et les territoires dans leurs efforts en accordant la priorité aux espèces en péril», a indiqué la députée libérale Sophie Chatel lors de la présentation de l’étude mardi après-midi.

«L’addition de 20 000 espèces depuis 2015 représente un effort national considérable», a également souligné Emilie Giles, spécialiste des espèces au Fonds mondial pour la nature (WWF).

Elle a ajouté que cette publication sort à «un moment critique», alors que Montréal accueillera la semaine prochaine la Conférence de l’ONU sur la biodiversité.

«Les rapports comme celui publié aujourd’hui sont des éléments de preuve essentiels que nous apporterons avec nous à la COP15 pour appuyer nos demandes pour un nouveau cadre mondial sur la biodiversité.»

L’une des principales propositions du cadre mondial pour la restauration de la nature qui sera négocié durant la COP15 est la protection de 30 % des terres et des océans d’ici 2030.

Emilie Giles a également souligné qu’à l’échelle mondiale, les populations de mammifères, d’oiseaux, d’amphibiens, de reptiles et de poissons ont connu un déclin de 69 % en moyenne depuis 1970, selon un récent rapport du WWF.

«La COP15 sera à la biodiversité ce que l’Accord de Paris a été pour le climat, c’est-à-dire un moment dans l’Histoire où une crise mondiale est reconnue et les dirigeants du monde agissent en conséquence», a indiqué la porte-parole du WWF.

Des dizaines de milliers d’espèces pas encore recensées

Même si le rapport Espèces sauvages 2020 représente un «travail colossal», selon Terry Duguid, secrétaire parlementaire du ministre de l’Environnement, il reste des dizaines de milliers d’espèces à recenser au pays.

ll y a environ 80 000 «espèces décrites» au Canada, excluant les virus et les bactéries, et c’est sans compter celles dont on ignore tout simplement l’existence.

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