Présence de variants: la prudence va guider les prochaines actions du gouvernement

QUÉBEC — La prudence va guider les prochaines décisions du gouvernement Legault, qui admet à ce stade-ci avoir «peur» des variants.

C’est ce qu’ont affirmé mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

En conférence de presse à Montréal pour faire le point sur la vaccination, les deux hommes ont dit craindre que ce ne soit le calme avant la tempête.

Le Dr Arruda a proposé une métaphore maritime et déclaré que le Québec voguait présentement sur une mer calme, mais qu’«en dessous, il y a des requins».

De son côté, M. Dubé a affirmé que pendant que la courbe de la souche «ancienne» descendait, la courbe des variants, elle, montait, créant ainsi un «plateau». 

Mardi, il a fait savoir que le Québec criblait à présent tous les cas positifs de la COVID-19, et que 12 % à 15 % de ces cas étaient des variants, principalement de souche britannique.

La situation serait la plus précaire à Montréal, où l’on recense le plus de cas de variants.

«Je vous le dis franchement, je vais peser mes mots, mais on a peur de cette situation-là. On a peur particulièrement dans la région de Montréal que ce soit un peu comme le calme avant la tempête.

«On doit prendre ça en considération dans nos grandes décisions qu’on va avoir à prendre dans les prochains jours», a déclaré M. Dubé.

Le gouvernement pourrait abandonner l’idée de présenter des allégements après la relâche scolaire. Il serait surprenant que la région de Montréal change de palier de couleur, a laissé entendre M. Dubé. 

Le premier ministre François Legault doit tenir un point de presse mercredi, à une heure de grande écoute. Le Dr Arruda a indiqué que les discussions entourant de possibles allégements n’étaient pas terminées.

Dans son plus récent avis écrit rendu public le 19 février, l’expert en santé publique recommandait au gouvernement de rouvrir d’autres installations intérieures, outre les arénas et les piscines.

Il prévoyait aussi le retour des activités parascolaires dans les groupes-classes à compter du 8 mars, et un «ajustement» à la fréquentation par alternance au secondaire (secondaire 3, 4 et 5).

Par ailleurs, il conseillait de «réévaluer» la question des sports organisés en zone orange.

Le Québec dénombre à ce jour environ 1000 cas criblés «suspects», c’est-à-dire de possibles cas de variants, ont affirmé les autorités.

Approche très agressive dans les écoles

Interrogé mardi sur la présence de variants dans les écoles, le Dr Arruda a déclaré que si on les laissait «exploser», ils allaient vite «prendre le dessus».

C’est pourquoi il a dit adopter une approche «très agressive» dans les écoles. Lorsqu’un cas est déclaré, la Santé publique le considère d’emblée comme un variant, a-t-il expliqué.

«On isole plus les gens, on fait des tests rapidement, on demande aux contacts des cas de rester à la maison, aux contacts des contacts de s’isoler.»

Par ailleurs, il a défendu la décision d’imposer le port du masque médical au primaire à compter du 8 mars.

«Les enfants peuvent être plus facilement contagieux, être des transmetteurs. C’est une façon de les protéger et de protéger leurs familles.

«Il ne faut surtout pas s’endormir et relâcher les mesures mises en place, a-t-il ajouté. Jusqu’à temps qu’on ait une assez grande couverture vaccinale dans la population, on va devoir rester très prudents.»

Laisser un commentaire