Présidence de la FTQ: Marc Ranger ne se lancera pas dans la course

MONTRÉAL — L’ancien directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Marc Ranger, ne sollicitera finalement pas le poste de président de la FTQ, lorsque Daniel Boyer quittera la centrale syndicale, en novembre.

M. Ranger avait publiquement fait part de son intérêt et de sa réflexion à ce sujet, le 1er juin. Il s’était alors dit «très tenté» par la présidence.

En entrevue avec La Presse Canadienne lundi, M. Ranger a justifié sa décision de ne pas se lancer dans la course par le fait qu’il voyait mal comment les deux plus hauts dirigeants de la centrale syndicale pourraient provenir du même grand syndicat affilié à la FTQ, s’il était élu.

En effet, le secrétaire général de la FTQ et numéro deux, Denis Bolduc, qui sollicite un renouvellement de mandat, vient lui aussi du SCFP.

Les statuts de la FTQ n’interdisent pourtant pas que les deux plus hauts dirigeants de la centrale syndicale proviennent du même syndicat affilié. Mais M. Ranger n’aurait pas été à l’aise dans cette situation.

 La FTQ compte en effet plusieurs autres grands syndicats affiliés, notamment du secteur privé, comme Unifor, les Métallos, les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), la FTQ-Construction et les Teamsters, par exemple.

Et traditionnellement, la FTQ a toujours su garder un équilibre privé-public dans sa haute direction.

M. Ranger donne un autre motif pour sa décision: la qualité de la candidature de Magali Picard, ancienne vice-présidente exécutive nationale pour l’Alliance de la fonction publique du Canada — le grand syndicat pancanadien de fonctionnaires fédéraux.

Mme Picard, qui est la seule candidate officiellement en lice, deviendrait, si elle est élue, la première femme à la tête de la centrale. Et elle est huronne-wendate.

Pas secrétaire général non plus

M. Ranger aurait pu choisir de solliciter lui aussi le poste de secrétaire général, contre Denis Bolduc, mais il a préféré ne pas le faire, afin de ne pas créer de division au sein du SCFP, le plus grand des syndicats affiliés à la FTQ.

«C’aurait été possible s’il y avait eu un candidat du privé (mais deux candidats du SCFP l’un contre l’autre)… il y a un risque de chicane; ça paraît mal», a opiné M. Ranger.

«Moi-même, si j’avais été délégué au congrès, j’aurais dit aux deux candidats: « allez régler ça et vous nous le direz quand la fumée blanche sortira »», a lancé M. Ranger.

Pas de retraite finalement

M. Ranger avait annoncé sa retraite du SCFP en août dernier, mais il lui restait encore des semaines de vacances à écouler. Aujourd’hui, après avoir passé quelques mois loin du militantisme syndical, il annonce qu’il ne prendra finalement pas sa retraite.

«J’aime trop le milieu des relations de travail; c’est dans mon sang; j’aime ça! Je ne prendrai pas ma retraite. Je vais faire autre chose. La négociation, c’est ce que je préfère: la recherche de solutions», conclut-il.

Parmi les autres candidats qui auraient pu être envisagés, Renaud Gagné, du grand syndicat Unifor, a déjà annoncé qu’il prendrait sa retraite au cours des prochains mois.

Et Dominic Lemieux, du syndicat des Métallos, une étoile montante à la FTQ, a fait savoir qu’il ne soumettrait pas sa candidature.

Les intéressés doivent faire connaître leur intérêt d’ici l’automne.

La FTQ compte plus de 600 000 membres. Et ses deux plus hauts dirigeants occupent également des postes au Fonds de solidarité FTQ.

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