Preuve au procès de Ghislaine Maxwell: une table de massage dépliée au tribunal

NEW YORK — Une table de massage pliante et de couleur verte utilisée par l’homme d’affaires Jeffrey Epstein a été apportée dans une salle d’audience de Manhattan et installée devant un jury vendredi pour étayer les allégations selon lesquelles il s’est associé à la britannique Ghislaine Maxwell pour exploiter sexuellement des victimes mineures.

Cette mise en scène devant le tribunal fédéral de Manhattan visait à corroborer le témoignage d’une accusatrice clé dans le procès, selon laquelle les massages servaient de prétexte à des rencontres sexuelles avec l’homme d’affaires, auxquelles participait parfois Mme Maxwell.

Une témoin qui a affirmé que les abus ont commencé alors qu’elle avait 14 ans a décrit avoir vu une table de massage dans une «salle de massage» qui, selon la police, se trouvait au même endroit dans la résidence de M. Epstein à Palm Beach, en Floride, en 2005. 

Un officier de police a témoigné que les enquêteurs ont également saisi des dossiers, des ordinateurs et des jouets sexuels – dont une photo a été montrée au jury – dans la résidence.

Les procureurs ont présenté aux jurés un enregistrement vidéo de la résidence réalisé par la police montrant des photos de nus sur les murs – un décor qui, selon les procureurs fédéraux, est la preuve d’une atmosphère sexualisée encouragée par Mme Maxwell pour faire pression sur les victimes.

La preuve a été présentée malgré les objections de la défense qui l’a qualifiée de préjudiciable. L’avocat de la défense, Bobbi Sternheim, a accusé les procureurs d’essayer de dépeindre injustement la maison de Jeffrey Epstein comme un «domicile de débauche».

Les procureurs ont allégué que la mondaine britannique préparait des adolescentes en vue de l’abus sexuel en les emmenant dans des magasins, au cinéma, en discutant de leur vie et en les encourageant à accepter l’aide financière de M. Epstein. Ils affirment également que Mme Maxwell a contribué à créer une atmosphère sexuellement chargée en parlant de sexe avec les filles et en les instruisant sur les massages sexualisés présumés de M. Epstein.

Ghislaine Maxwell, 59 ans, nie les allégations à son égard, et ses avocats soutiennent que les procureurs s’en prennent à elle parce qu’ils ne peuvent pas juger M. Epstein, qui s’est suicidé en prison avant de pouvoir être jugé. 

Mme Maxwell était la petite amie de l’homme d’affaires et, plus tard, son employée. 

L’accusatrice, qui utilise le pseudonyme «Jane» pour protéger sa vie privée, a affirmé en début de semaine que lors de sa première visite au domicile de M. Epstein, elle avait été troublée par «des peintures de femmes nues ou à moitié nues». Dans la salle de massage située à côté de la chambre principale qu’ils partageaient, Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell «me montraient, vous savez, ce qu’il aime, ce que – vous savez, ce que les hommes aiment, ce que les femmes aiment».

Vendredi également, un ancien employé de l’homme d’affaires, Juan Patricio Alessi, est retourné à la barre des témoins pour faire face à un contre-interrogatoire sur son témoignage selon lequel «Jane» et une autre femme qui a accusé l’homme d’affaires d’avoir abusé sexuellement d’elle alors qu’elle était adolescente, étaient des visiteurs réguliers de la villa de Palm Beach, où Mme Maxwell était «la maîtresse de maison».

Un avocat de Ghislaine Maxwell a cherché à discréditer M. Alessi – qui a travaillé pour M. Epstein de 1990 à 2002 – en le confrontant à une déposition d’une affaire civile qui, selon la défense, est incompatible avec son témoignage au procès. 

M. Alessi a affirmé vendredi qu’aucune des nombreuses jeunes femmes qui ont visité la maison en Floride ne l’a alerté d’une quelconque inconduite.

«J’aurais aimé qu’elles le fassent, car j’aurais fait quelque chose», a-t-il affirmé.

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