Primes du secteur public: pas si ficelées que ça, disent la CSQ et la CSN

MONTRÉAL — Le prolongement de certaines primes versées aux travailleurs du secteur public pour six mois serait loin d’être ficelé, affirment la CSQ et la CSN. Mais l’APTS, elle, assure du contraire.

Lundi soir, l’Alliance du personnel professionnel et technique dans la santé et les services sociaux (APTS) a annoncé qu’elle s’était entendue in extremis avec Québec sur le prolongement pour six mois de trois primes qui venaient à échéance le 30 mars.

Il s’agit des primes versées aux psychologues, aux travailleurs en hébergement et soins de longue durée — qui concernent notamment les préposés aux bénéficiaires — ainsi qu’aux salariés qui travaillent auprès d’une clientèle ayant des troubles graves du comportement.

Or, selon l’interprétation qu’en font mardi la CSQ et la CSN, tout ne serait pas si clair.

La CSQ affirme que la prime pour les ouvriers spécialisés est bel et bien reconduite pour une période de six mois. Toutefois, pour les trois primes mentionnées par l’APTS, le prolongement pour six mois serait plutôt «conditionnel à la perspective d’une entente globale» sur le renouvellement des conventions collectives.

La CSN en fait une interprétation similaire. Elle souligne cependant que le Conseil du trésor s’est engagé à ne pas mettre fin à ces primes à compter du 30 mars.

Informée des divergences d’interprétation de la CSQ et de la CSN quant à la prolongation de ces primes, mardi, l’APTS a maintenu la sienne: il n’y a pas de conditions rattachées à la prolongation de ces primes, même pour six mois.

Ministre Dubé

De son côté, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a confirmé avoir proposé un tel prolongement pour six mois, mais a laissé entendre que celui-ci n’avait toujours pas été convenu avec les syndicats. Et il ne le lie pas au renouvellement des conventions collectives.

«Le gouvernement a proposé aux syndicats de reconduire, pour une période de six mois, les primes qui devaient venir à échéance aujourd’hui. Cette reconduction devra être convenue avec les syndicats. Elle n’est pas conditionnelle à une entente sur le renouvellement des conventions collectives», a-t-il répondu par voie de courriel.

«Si, dans six mois, les négociations sur le renouvellement des conventions collectives ne sont pas terminées, les primes seront à nouveau discutées entre le gouvernement et les syndicats», a ajouté le ministre Dubé. 

Les primes

La prime versée à ceux qui travaillent en soins de longue durée est de 180 $ pour chaque bloc de 750 heures.

La prime versée aux psychologues va de 6,7 à 9,6 pour cent.

La prime versée aux salariés qui travaillent avec une clientèle ayant des troubles graves du comportement est de 295 $ ou 360 $ pour un bloc de 500 heures.

Conventions collectives

Par ailleurs, les négociations pour le renouvellement des conventions collectives, qui viennent à échéance le 31 mars, se poursuivent entre Québec et les syndicats concernés.

Interrogé à ce sujet, le ministre Dubé s’est fait discret. «Nous ne ferons aucun commentaire sur nos discussions à la table de négociation.»

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