Primes impayées dans la santé: bonne chance l’été prochain, disent des syndicats

MONTRÉAL — Des syndicats qui représentent des préposés aux bénéficiaires et des infirmières se demandent comment les employeurs vont réussir à trouver du personnel pour faire des heures supplémentaires, l’été prochain, alors que certains de leurs membres attendent depuis des mois une prime promise l’été dernier.

Le quotidien La Presse révélait, dans son édition de mardi, que des préposés aux bénéficiaires, des infirmières et des infirmières auxiliaires attendent depuis l’été dernier une prime qui devait leur être versée s’ils acceptaient de faire des heures supplémentaires, à cause de la pénurie de main-d’oeuvre encore plus marquée durant l’été.

Ces travailleurs dans la santé devaient recevoir 75 $ de plus pour chaque quart de travail supplémentaire complété à une certaine période. Or, certains l’attendent toujours en janvier.

Interrogée à ce sujet mardi, la présidente de la CSQ, Sonia Éthier, qui représente aussi des infirmières, a noté que dès cette annonce, ses syndicats s’étaient insurgés du sens donné à ces primes. «Le message qu’on envoie, c’est ‘prenez pas de vacances, ne vous reposez pas, continuez, travaillez sans arrêt, puis, comme récompense, on va vous donner une prime, mais on n’améliorera pas les conditions de travail’», a-t-elle illustré.

Le problème de fond, qui est celui des conditions d’exercice des emplois, n’est donc pas résolu, déplore Mme Éthier.

«J’ai hâte de voir combien il va y en avoir des préposés et des infirmières qui vont se porter volontaires, l’été prochain, si jamais ces primes-là reviennent. Il va y en avoir beaucoup moins, parce que c’est moins attrayant; ils ne réussissent même pas à se faire payer», s’est exclamé de son côté le président de la FTQ, Daniel Boyer, qui représente des milliers de préposés aux bénéficiaires.