Primes prolongées pour 1 mois pour les pharmaciens d’établissements de santé

MONTRÉAL — C’est au tour des pharmaciens d’hôpitaux de s’inquiéter quant à des primes qui leur sont versées, qui arrivaient à échéance et qui viennent d’être prolongées, mais pour un mois seulement.

Qui plus est, la négociation de leur convention collective n’a même pas débuté avec Québec. Elle doit commencer en octobre.

Ils sont 1700 pharmaciens dans les établissements de santé du Québec — centres hospitaliers, CHSLD et autres — qui détiennent une maîtrise, une formation plus poussée que leurs pairs des pharmacies privées, puisque leur travail est plus complexe, avec la chimiothérapie et les médicaments injectables, notamment.

Ces pharmaciens d’établissements de santé touchent diverses primes, qui représentent de 20 à 50 % de leur salaire.

Une de ces primes varie selon la région. Une autre compense pour l’allongement de leur semaine de travail de 36,25 à 40 heures — convenu entre les parties, afin de pallier le manque de pharmaciens en établissement. Une autre compense également pour l’enseignement qui doit être fait aux résidents, a expliqué en entrevue mercredi Linda Vaillant, directrice générale de l’Association des pharmaciens d’établissements de santé du Québec.

Or, ces primes arrivaient à échéance le 30 mars. Elles avaient été prolongées pour six mois, soit jusqu’au 30 septembre, comme c’est le cas pour d’autres primes du secteur public.

Mais, contrairement au secteur public, qui vient de voir ses primes prolongées pour la durée de la négociation des conventions collectives, les pharmaciens d’établissements ont vu les leurs prolongées d’un mois seulement, jusqu’à la fin d’octobre.

Or, la négociation de leur convention collective n’a même pas encore débuté.

«Je suis assez fâchée», s’est exclamée Mme Vaillant. Elle explique que son association demandait justement que ces primes soient prolongées pour la durée de la négociation du contrat de travail, comme ça a été le cas pour les autres syndiqués du secteur public. «Je ne sais pas pourquoi ce n’est renouvelé que jusqu’au 31 octobre.»

Elle fait valoir par exemple que «l’effort collectif de l’allongement de la semaine de travail» de 36,25 à 40 heures, qui avait été accepté par les pharmaciens d’établissements, «équivaut à 130 pharmaciens à temps complet».

Mme Vaillant juge que «c’est insultant» pour ses membres. Elle fait valoir qu’ils ont été au front pendant la crise de la COVID-19 dans les établissements de santé, en préparant les traitements requis pour les personnes hospitalisées, ainsi que lorsqu’on a rapporté une rareté de certains médicaments, pendant une période donnée.

Joint par courriel, le cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux a référé notre demande de commentaires au ministère. Celui-ci n’avait pas encore fait connaître ses commentaires, au moment d’écrire ces lignes.

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