Procès de la GRC à Moncton: un policier blessé lors de la fusillade témoigne

MONCTON, N.-B. — Un policier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui avait été blessé par balle lors de la fusillade de Moncton en juin 2014 a soutenu lundi que l’issue de cette tragédie aurait certainement été différente si les agents avaient été munis de carabines.

Au procès de la GRC pour violations au Code du travail, l’agent Éric Dubois a raconté que ce soir-là, les policiers sont rapidement devenus les proies de Justin Bourque, le tireur qui voulait déclencher une révolution. Selon l’agent Dubois, les policiers étaient parfaitement conscients qu’ils ne pouvaient neutraliser le tireur avec leur arme de poing, un pistolet 9 mm. Or, maintenant qu’il a suivi la formation sur le maniement de la carabine C-8, l’agent Dubois est certain que Justin Bourque aurait pu être neutralisé ce soir-là.

L’agent Dubois a raconté lundi qu’il avait vu le tireur, avec son arme semi-automatique, marcher comme si de rien n’était de l’autre côté de la rue pendant environ quatre secondes.

La Couronne soutient que la GRC aurait dû former et équiper adéquatement ses agents pour répondre à de tels événements. Les policiers de la GRC du détachement de Moncton n’étaient pas encore équipés à l’époque de la carabine C-8, qui a une portée plus grande que le pistolet de service. Certains soutiennent que ces carabines auraient fait une différence le soir du 4 juin 2014.

Trois policiers sont morts et deux autres ont été blessés par Justin Bourque pendant cette fusillade.

L’agent Dubois, qui chasse depuis son enfance, a aussi soutenu lundi qu’avant la fusillade, il avait demandé vainement à ses supérieurs de suivre une formation dans le maniement d’une carabine.

M. Dubois, qui s’est joint à la GRC en 2010 après une carrière de plus de 20 ans dans une usine de papier, a éclaté en sanglots lorsqu’il a raconté comment il était venu prêter main-forte à un collègue touché, alors que la procédure l’aurait plutôt obligé à se mettre à l’abri. «Lorsque j’ai choisi de me joindre à la GRC, je n’étais pas un adolescent, alors c’était mon choix d’accepter les risques. Si je dois mourir, je mourrai.»