Procès de R. Kelly: le journaliste et animateur Jim DeRogatis n’aura pas à témoigner

CHICAGO — Un critique musical qui a passé des années à sensibiliser le public aux allégations d’inconduite sexuelle contre R. Kelly ne sera pas tenu de témoigner lors du procès fédéral du chanteur de R&B accusé d’avoir produit de la pornographie juvénile et d’avoir tenté de truquer son procès en 2008, a décidé un juge mercredi.

Les avocats de Jim DeRogatis, qui a publié en 2019 le livre «Soulless: The Case Against R. Kelly», ont invoqué des protections juridiques pour la presse dans un dossier mardi demandant au juge de district Harry Leinenweber d’annuler une citation à comparaître de la défense pour M. DeRogatis cette semaine.

M. DeRogatis était reporter pour le «Chicago Sun-Times» au début des années 2000 lorsqu’il a reçu anonymement une bande vidéo qu’il a donnée à la police et qui était au cœur du procès pour pornographie juvénile de R. Kelly en 2008 devant un tribunal d’État. Les procureurs allèguent maintenant que R. Kelly a payé la fille dans cette vidéo afin qu’elle ne témoigne pas lors de ce procès, au cours duquel il a été acquitté.

Les avocats de l’ancien directeur commercial de R. Kelly, Derrel McDavid, qui, avec le chanteur, est accusé de complot en vue de truquer ce procès, ont assigné M. DeRogatis à témoigner. L’avocat de M. McDavid, Beau Brindley, a déclaré mercredi au juge que sa seule question pour M. DeRogatis serait de savoir si la copie physique de la vidéo que M. DeRogatis a reçue il y a deux décennies est la même que celle enregistrée comme preuve lors du procès en cours.

Les avocats de R. Kelly auraient également pu interroger M. DeRogatis.

La défense a précédemment soulevé des questions sur la manipulation des preuves vidéo contre R. Kelly, si les images étaient des originaux ou des copies, et si les vidéos avaient pu être falsifiées. Connaître la chaîne de possession des preuves est essentiel pour établir leur authenticité.

Mais le juge Leinenweber a déclaré que l’authenticité des preuves vidéo avait été établie, notamment grâce aux témoignages d’enquêteurs qui avaient reçu des images de M. DeRogatis et des accusatrices de R. Kelly qui sont apparues dans des vidéos que la vedette du R&B aurait enregistrées.

«Je ne vois aucune raison d’appeler M. DeRogatis à la barre», a affirmé le juge, qui a indiqué au co-animateur de l’émission de radio publique «Sound Opinions» qu’il pouvait quitter la salle d’audience.

R. Kelly est également accusé d’avoir incité des filles mineures à avoir des relations sexuelles. 

Les procureurs du procès fédéral dans la ville natale de R. Kelly ont terminé de présenter leur preuve la semaine dernière et la défense pourrait conclure d’ici la fin de cette semaine. Ce procès fait suite à un procès fédéral distinct à New York, dans le cadre duquel R. Kelly a écopé de 30 ans de prison en juin.

M. DeRogatis a pris la parole lors du procès d’État de R. Kelly en 2008, mais a refusé de répondre aux questions, citant une loi de l’Illinois qui protège les droits des journalistes, ainsi que les droits de la liberté de la presse et le droit contre l’auto-incrimination dans la Constitution.

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