Procès SNC: un ex-président aurait approuvé l’offre d’un yacht à Saadi Kadhafi

MONTRÉAL — L’ancien dirigeant de SNC-Lavalin Sami Bebawi a affirmé à un agent de la GRC que l’offre d’un yacht de luxe au fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi avait été approuvée à l’époque par le président de l’entreprise, selon ce qui a été dit vendredi au procès de M. Bebawi.

L’enquêteur de la GRC Alexandre Beaulieu a été, vendredi, le dernier témoin de la Couronne au procès pour fraude et corruption de Sami Bebawi, accusé relativement à des contrats de construction liés à la dictature de Kadhafi à la fin des années 1990.

M. Bebawi, âgé de 73 ans, fait face à huit chefs d’accusation, notamment de fraude, de corruption, de blanchiment de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d’agents publics étrangers. Il a plaidé non coupable.

Les procureurs de la Couronne ont achevé la présentation de la preuve, vendredi.

La Couronne allègue que M. Bebawi a empoché lui-même 26 millions $ relativement aux pots-de-vin pour des contrats que SNC-Lavalin a conclus en Libye avec l’aide du fils de Kadhafi, Saadi, dont les liens ont facilité la conduite des affaires dans ce pays.

M. Beaulieu a déclaré aux jurés que M. Bebawi et lui-même avaient eu une courte conversation devant une salle d’audience à Montréal en avril, au cours de laquelle l’accusé a indiqué que l’ancien président de SNC-Lavalin Jacques Lamarre avait approuvé l’acquisition du yacht pour Saadi Kadhafi.

L’agent de la GRC a affirmé que M. Bebawi était frustré par le fait que M. Lamarre avait publiquement démenti avoir eu connaissance de l’offre de ce bateau de 25 millions $ fabriqué sur mesure.

Il a été dit au jury que M. Bebawi avait lancé au policier: «Il savait! Il l’a approuvé!»

Par ailleurs, M. Beaulieu a déclaré aux jurés qu’il avait pris la déclaration de l’un des subordonnés de M. Bebawi, finalement au coeur de la cause contre l’accusé. Il a témoigné que le subordonné à l’époque de l’accusé, Riadh Ben Aissa, lui aurait dit que M. Bebawi lui avait offert 10 millions $ pour corroborer la version de son patron concernant les transactions financières.

M. Ben Aissa a témoigné que M. Bebawi avait fait pression sur lui pour qu’il fasse le nécessaire pour conserver les contrats. Il est devenu lui-même un dirigeant de SNC en 2007, en remplacement de M. Bebawi, un poste qu’il a occupé jusqu’en février 2012, date à laquelle il a démissionné de la société.

M. Ben Aissa a signé un accord de coopération avec la GRC et a été extradé au Canada à la suite de sa détention en 2012 en Suisse.

Les procureurs tentent de prouver que SNC-Lavalin a transféré environ 113 millions $ à des sociétés-écrans qui payaient des personnes qui aidaient l’entreprise à recueillir de l’argent et à obtenir des contrats.

Il est allégué que ce qui restait dans ces comptes était partagé entre M. Ben Aissa et M. Bebawi.

Les plus populaires