Processus décisionnel: Les trois partis d’opposition réclament des explications

QUÉBEC — Aucun des trois partis d’opposition n’a l’intention de se montrer docile envers le gouvernement Legault durant cette deuxième vague de pandémie de coronavirus.

Au contraire, réclamant plus de transparence et d’explications, ils entendent bien forcer le gouvernement à leur rendre des comptes sur son processus décisionnel.

Tous les trois reprochent au gouvernement de vouloir les voir endosser ses décisions reliées à la lutte contre la pandémie, sans jamais devoir justifier ses choix.

En point de presse à l’Assemblée nationale, mardi, le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé, a estimé que la santé publique n’avait d’autre choix que de rendre publics dès maintenant les avis touchant les mesures affectant les secteurs de la restauration, des bars et de la culture, durement frappés par des fermetures décrétées la veille.

Les partis d’opposition n’ont pas à «accepter sans questionner» des décisions gouvernementales ayant un impact important sur divers secteurs d’activité, décisions prises en principe à partir d’avis de la santé publique, selon lui.

Les cheffes de l’opposition libérale, Dominique Anglade, et de Québec solidaire, Manon Massé, ont tenu essentiellement le même discours mardi.

La veille, le premier ministre François Legault avait annoncé que trois régions du Québec passaient en zone rouge, soit en alerte maximale.

Dans ces régions (Montréal, Québec et Chaudière-Appalaches), cette situation entraînera à compter de jeudi toute une série de fermetures pour 28 jours: les restaurants, bars, salles de spectacles, théâtres, bibliothèques, musées et cinémas, notamment.

«C’est terminé le temps où on demande aux oppositions de partager le message (du gouvernement) sans avoir aucune indication sur comment les décisions ont été prises», a plaidé M. Bérubé, bien décidé à savoir sur quoi se basait le premier ministre pour prendre ses décisions.

En Chambre, à la période de questions, il est revenu à la charge pour savoir «sur quels écrits, sur quels avis le gouvernement du Québec engage notre santé, notre économie et notre liberté avant de prendre des décisions».

Mais le premier ministre est demeuré évasif, laissant entendre qu’il n’avait aucun document à produire, aucun avis écrit de la santé publique.

Il a justifié cette situation, en faisant valoir que les décisions devaient «se prendre rapidement».

«On n’a pas le temps, pendant des semaines, d’écrire des rapports. C’est à chaque jour qu’il y a des décisions à prendre», a-t-il dit.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, est d’avis que le processus décisionnel tournerait plus rondement s’il était scindé en deux: «On a besoin de séparer les propos de la santé publique et les propos du politique».

Les deux entités devraient donc selon elle faire des points de presse différents, contrairement à ce qui se passe actuellement.

Depuis le début de la crise sanitaire, Mme Anglade estime que le gouvernement n’a pas su anticiper les problèmes et préparer convenablement le Québec à lutter contre le virus.

Elle estime que rien n’a changé, six mois plus tard, alors que débute la deuxième vague. «Je n’ai pas l’impression qu’on ait suffisamment anticipé la situation», selon elle.

Mme Anglade réclame du gouvernement qu’il fasse preuve de transparence. «Il faut qu’on comprenne comment les décisions sont prises», a-t-elle fait valoir, disant avoir de «la difficulté à comprendre» comment le gouvernement fonctionne.

En Chambre, la porte-parole en santé de l’opposition libérale, la députée Marie Montpetit, a noté que le Québec affichait «le pire bilan au Canada et un des pires au monde» pour ce qui est de la pandémie.

Sur le même ton, la députée solidaire Manon Massé a dit elle aussi ignorer «pourquoi le gouvernement a choisi telle chose ou telle chose», telle mesure plutôt qu’une autre.

«C’est au gouvernement d’expliquer pourquoi il a choisi de garder les centres d’achats ouverts», mais de fermer tout le secteur culturel, qui avait déjà été confiné au printemps, a-t-elle rappelé.

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