Profiter de la pandémie pour étudier le stress pendant la grossesse

MONTRÉAL — Des chercheuses montréalaises veulent profiter de la pandémie de coronavirus pour étudier l’impact du stress sur la santé des femmes enceintes et de leur bébé, notamment pour essayer de comprendre plus clairement ce qui permet à certaines de mieux y résister que d’autres.

Les chercheuses du CHU Sainte-Justine, de l’Université Concordia, de l’Université de Montréal et de l’Institut national de la recherche scientifique souhaitent recruter un millier de femmes (et leurs conjoints) pour participer à cette étude.

«On ne veut pas se concentrer uniquement sur le négatif, ce n’est pas ça le but, a expliqué la professeure Catherine Herba, du CHU Sainte-Justine. Le but, c’est aussi d’identifier les aspects positifs qui peuvent aider à modérer ces liens-là.»

Le stress, ou le bien-être, ressenti par la mère pendant sa grossesse aura un impact important sur sa santé mentale après l’accouchement, mais aussi sur le bien-être et le développement de son enfant, a rappelé Mme Herba. Certains mécanismes qui entrent en jeu restent toutefois mal compris.

Des études antérieures, par exemple menées lors de la crise du verglas, ont ainsi démontré que la période prénatale est très importante au niveau du bien-être de la mère en postpartum et du bien-être du bébé.

«C’est très important de savoir s’il y a des facteurs de résilience, a dit Mme Herba. On sait que plusieurs personnes sont exposées à du stress pendant la grossesse, mais elles vont y réagir très différemment. On sait qu’il y a aussi beaucoup de variabilité plus tard dans le développement des enfants. Ça nous aide à mieux comprendre ces mécanismes et à voir s’il y a certains facteurs qui peuvent aider, comme le sommeil, l’exercice, le soutien de l’entourage ou l’alimentation.»

Jusqu’à 12 % des femmes enceintes présenteraient des symptômes d’anxiété ou de dépression. Un cinquième d’entre elles souffriraient même de symptômes graves.

L’identification de ces facteurs de résilience ou de risque pourrait donc permettre aux chercheurs de mieux comprendre ce qui influencera le développement et le bien-être de la mère et de l’enfant un peu plus tard, et ainsi fournir des pistes possibles d’intervention.

Il s’agira d’une étude longitudinale. Les participants seront appelés à remplir quelques questionnaires en ligne sur une période d’environ deux ans.

Les chercheuses souhaitent recruter un millier de participants à travers la province. 

En plus de Mme Herba, les responsables du projet sont Linda Booij (Concordia), Sarah Lippé (Université de Montréal) et Cathy Vaillancourt (INRS). 

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