Projet-pilote à Montréal: des policiers désormais munis de caméras portatives

MONTRÉAL – Les Montréalais ont depuis mercredi l’occasion de faire face à des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) portant une caméra sur eux.

Le maire Denis Coderre a indiqué qu’environ 30 agents des unités de patrouille du métro et de la circulation porteront les caméras au cours de la première phase du projet-pilote qui compte une durée totale de neuf mois.

Cet automne, les policiers de deux ou trois postes de quartier, qui seront annoncés cet été, recevront aussi des caméras portatives.

Les caméras sont fabriquées par Axon Public Safety Canada, une filiale de Taser International Inc., qui distribue déjà des caméras de corps pour les corps policiers à travers le Canada. Toutes les vidéos enregistrées par les caméras seront retenues dansun serveur sous type de nuage informatique, administré par Taser et physiquement présent au Canada.

Les partisans de la mesure avancent que les caméras permettent d’obtenir de meilleures preuves, mènent à plus de condamnations et améliorent les interactions des policiers avec le public, tout en réduisant les incidents où les agents ont recours à la force. D’un autre côté, certains critiquent les caméras portatives en affirmant que leur présence brime la vie privée des citoyens.

Sur le site internet du SPVM, on peut lire que les policiers qui ont une caméra porteront un écusson spécial et «qu’un avis verbal d’utilisation de la caméra portative sera donné au citoyen dès que possible, lorsque le contexte de l’intervention le permettra». Les policiers devront utiliser les caméras en fonction des interventions qu’ils font. Ainsi, les agents de la paix sont autorisés à enregistrer une arrestation, la remise d’un constat d’infraction et l’aide à une personne en détresse.

Le projet-pilote prévoit l’autorisation d’arrêter temporairement l’enregistrement sans spécifier des exemples de situations. «(Le policier) devra, dès que possible, réactiver l’appareil ou repositionner/réactiver l’objectif et enregistrer un court énoncé expliquant le retour à son usage normal», explique le site web.

Montréal emboîte ainsi le pas à d’autres villes canadiennes, telles que Toronto et Edmonton qui ont essayé la technologie. Dans la Ville Reine, le projet s’est terminé en avril et à Edmonton, une étude a pris fin en 2014. Le maire d’Edmonton, Don Iveson, a déclaré à La Presse Canadienne que la valeur du programme n’avait pas été suffisamment démontrée et que les difficultés d’implanter le système ne semblaient pas justifiées.

Le budget du projet-pilote est de 1,7 million $ pour 2016.

Les caméras seront retirées en février 2017 et la Ville organisera une consultation publique au printemps 2017, afin d’entendre l’opinion des citoyens sur le sujet.