Projets environnementaux: Singh accorderait un droit de veto seulement au Québec

WINNIPEG — Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, est prêt à accorder des pouvoirs accrus au Québec en matière d’évaluation environnementale, mais pas aux autres provinces.

Lors d’un point de presse à Winnipeg, mardi, M. Singh a soutenu qu’il n’est pas vrai que toutes les provinces auraient un droit de veto sur les grands projets d’infrastructures qui traversent leur territoire, comme des oléoducs, contrairement à ce qui a été rapporté par CBC. Dans une entrevue diffusée au réseau anglais de Radio-Canada lundi soir, M. Singh a été questionné à répétition sur cette position: il a répété qu’il n’imposerait pas de grands projets aux provinces et il n’a pas non plus réfuté le mot «veto» utilisé par la journaliste.

Mardi, il a toutefois tenu à rectifier le tir. «Ça a été rapporté de cette manière. Mais ce n’est pas ce que j’ai dit (…) Je n’imposerais pas des pipelines. Je crois qu’il faut travailler avec les provinces, travailler avec les peuples autochtones et s’assurer qu’on va de l’avant dans un esprit collaboratif», a-t-il dit.

À son avis, les grands projets d’infrastructures qui seront proposés devront réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), respecter les droits des peuples autochtones et créer des emplois. Si ces trois critères ne sont pas respectés, les projets ne pourront pas aller de l’avant, a précisé M. Singh.

Dans leur plateforme spécifique au Québec, dévoilée à Sherbrooke le 15 septembre, les néo-démocrates indiquent que Québec aurait le dernier mot pour évaluer l’impact environnemental de projets d’infrastructures majeurs.

«Le Québec est différent et on donne une considération différente au Québec, absolument. Et j’en suis fier, a renchéri M. Singh. Ça fait partie du principe de fédéralisme asymétrique, qui reconnaît la nature unique du Québec.»

À quelques jours de la grande marche sur le climat, vendredi, le chef néo-démocrate est revenu mardi sur quelques-uns des engagements ambitieux de sa plateforme verte, estimée à 15 milliards $. M. Singh a notamment promis d’investir «audacieusement» dans les transports en commun. Il fait de l’électrification des transports collectifs une priorité d’ici 2030, un chantier qui créera de nombreux emplois, selon lui.

Un corridor électrique est-ouest

En annonçant le plan climatique du parti à l’Université de Winnipeg, mardi matin, M. Singh a aussi promis de construire un «corridor d’énergie propre» (électrique) est-ouest et d’accorder des subventions pour les entreprises qui souhaitent passer au vert. Le NPD mettrait également fin aux subventions à la production de combustibles fossiles.

Un réseau électrique est-ouest fait depuis longtemps l’objet de discussions entre les provinces et le gouvernement fédéral, même si personne n’a jusqu’ici engagé d’argent pour le bâtir. L’idée plaît beaucoup à des provinces comme le Manitoba, qui ont un excédent d’énergie hydroélectrique mais qui n’ont pas l’infrastructure nécessaire pour l’exporter dans des provinces énergivores comme l’Ontario ou l’Alberta.

Le NPD souhaite aussi créer une «Banque canadienne du climat», afin d’accélérer l’adoption d’énergies propres à travers le pays. Finalement, il promet d’inclure les peuples autochtones comme «partenaires à part entière et égaux» dans la prise de décisions pour lutter contre la crise climatique.

Le NPD croit que ces mesures aideront à limiter la hausse de la température mondiale à 1,5 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. M. Singh n’a pas précisé comment cela se traduirait en termes de diminution des gaz à effet de serre au pays.

Le chef néo-démocrate a admis que même son plan de 15 milliards $ n’est probablement pas suffisant. «Nous savons que nous devons avancer encore plus. C’est un plan audacieux et ambitieux, mais nous savons que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour lutter contre cette crise climatique.»

«Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas agir. Il y a aussi un prix à payer pour ne rien faire, et ce prix est celui payé par les générations futures, qui vont subir le choc d’une crise climatique qui va tout menacer», a soutenu M. Singh.

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