PSPP demande à l’Assemblée nationale de ne pas prêter serment au roi d’Angleterre

MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a demandé à l’Assemblée nationale, mardi, de le laisser prêter serment uniquement au peuple québécois, et non aussi au roi d’Angleterre, le 21 octobre, alors qu’il devra prêter serment comme député nouvellement élu.

Au cours d’une conférence de presse dans les bureaux du parti à Montréal, le chef péquiste a fait savoir que les deux autres députés péquistes élus le 3 octobre, Pascal Bérubé et Joël Arseneau, feront de même.

Il a précisé qu’il ne leur a pas spécifiquement demandé de faire comme lui, mais que les deux hommes se sont spontanément dits d’accord avec l’idée.

M. Plamondon affirme avoir obtenu un avis juridique qui lui indique qu’«il n’y a pas d’obligation pour l’Assemblée nationale de sévir ou d’intervenir» lorsqu’une telle demande lui est adressée.

«J’interpelle l’Assemblée nationale et les élus de l’Assemblée nationale de me laisser faire mon travail d’élu et de laisser à la Couronne britannique, aux tribunaux , à Ottawa, le soin de voir s’ils veulent déchirer leur chemise, parce que, historiquement, ce serment-là a déjà été modifié de lui-même», a fait valoir M. Plamondon.

Il note que dans le passé, des assouplissements au serment ont été accordés pour ceux qui ne croient pas en Dieu et qui peuvent faire, à la place, une déclaration solennelle. Aussi, le serment en français a été autorisé, bien que cela n’était pas prévu au départ. «La pratique a évolué», a fait valoir M. Plamondon.

Il a aussi mentionné qu’il ne voulait pas prêter serment «en cachette», faisant ainsi référence à des députés de Québec solidaire qui, la dernière fois, avaient prêté leur serment sans la présence des caméras.

Il a admis que «ce n’est pas la question la plus urgente au Québec», à l’heure actuelle, mais il en fait une question de conviction et de principes.

«L’absurdité de ce rituel-là a assez duré. Et l’opinion publique est à peu près à 80 % en faveur du démantèlement de la monarchie.» À ses yeux, il faut donc «être cohérent» avec ses principes et «se tenir debout» quand on veut faire changer les choses.

Il soutient que la monarchie coûte 67 millions $ en fonds publics au Canada, dont 10 millions $ au Québec.

Il attend maintenant une réponse officielle de l’Assemblée nationale.

Il n’a pas voulu dire ce qu’il ferait si l’Assemblée lui répondait par la négative. Une étape à la fois, a-t-il répondu, se refusant à faire «de la politique fiction».

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