QS déplore les mises en demeure «frivoles» de Pierre Karl Péladeau

Québec solidaire (QS) se dit prêt à braver les mises en demeure du grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau.

Le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois, a déploré les «sorties intempestives» et les mises en demeure «frivoles» du magnat de la presse qui est passé à l’attaque dans le dossier du sauvetage d’un de ses concurrents, les journaux Groupe Capitale Médias (GCM).

À l’instar du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, M. Nadeau-Dubois s’est lui-même demandé si M. Péladeau n’était pas un intimidateur «en envoyant des mises en demeure à des politiciens qui ne font rien d’autre que d’exprimer leur opinion sur une situation d’intérêt public — ça m’inquiète».

M. Péladeau, qui a déjà été chef du Parti québécois (PQ), reproche au gouvernement caquiste d’avoir écarté son offre de rachat de GCM au profit de coopératives d’employés. Il accuse aussi le gouvernement d’avoir intimidé Desjardins pour qu’il participe à la relance des journaux, tandis qu’une des administratrices de Québecor a transmis une mise en demeure au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

M. Legault a pour sa part répliqué lundi en plaidant contre la concentration de la presse et en reprochant à M. Péladeau de vouloir obtenir un monopole. Et pour une rare fois, QS a dit être totalement «d’accord» avec le premier ministre et même l’appuyer. 

«Je vais peut-être manger une mise en demeure pour avoir dit ça, a lancé M. Nadeau-Dubois en mêlée de presse. (M. Péladeau) a un intérêt mercantile à concentrer la presse, il souhaite constituer ce qui s’approche de plus en plus d’un monopole, on n’est pas d’accord avec ça, la diversité de la presse est importante.»

Jusqu’à présent, Investissement Québec (IQ) a déjà accordé des prêts totalisant environ 15 millions $ à GCM. M. Fitzgibbon a déjà signalé que l’État québécois n’allait pas récupérer sa mise. Selon le ministre de l’Économie, il faudra injecter entre 10 millions $ et 15 millions $ dans le fonds de roulement du groupe de presse.

À l’abri de ses créanciers depuis le mois d’août, GCM compte quelque 350 employés permanents et publie les quotidiens régionaux «Le Soleil», «La Tribune», «La Voix de l’Est», «Le Droit», «Le Nouvelliste» et «Le Quotidien».  

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