QS invite les citoyens se mobiliser pour décrier la crise du logement

MONTRÉAL — Québec solidaire (QS) invite les citoyens à continuer de manifester et à écrire à la ministre de l’Habitation Andrée Laforest et au premier ministre François Legault pour décrier la crise du logement qui sévit dans la province.

«C’est en se solidarisant, en collectivisant qu’on va pouvoir créer un rapport de force face à ce gouvernement-là qui est, ma foi, complètement bloqué, fermé en ce moment», a soutenu la porte-parole de QS, Manon Massé, samedi, lors d’une assemblée virtuelle organisée par le parti.

QS tenait une «assemblée des évincés», à laquelle ont participé plusieurs représentants d’organismes et des citoyens qui doivent en découdre avec leurs propriétaires pour ne pas quitter leur logement.

«Ces gens-là ont une machine très bien rodée, ils savent comment faire, ils savent où aller», a témoigné Jean-Claude Savard, qui vit dans une chambre d’hôtel après avoir été évincé de son logement du quartier Côte-des-Neiges, à Montréal.

«J’ai vu des personnes en détresse psychologique. Pendant trois semaines j’ai appelé le CLSC et le CLSC n’avait pas de ressources, il ne me rappelait pas. Il y a une réalité humaine aussi, pas juste financière.»

Et le phénomène ne touche pas seulement les résidents de la métropole, selon les témoignages. Érick Tremblay habite Saguenay, et il dit qu’il n’a pas accès à un logement abordable près des services.

«Ici, on n’a même pas d’autobus pour aller travailler la fin de semaine. Ici, si tu ne te loges pas dans le centre-ville, tu es soit à Jonquière, perdu, soit dans des coins isolés où tu n’as pas accès aux services comme tu pourrais avoir dans le centre-ville», a-t-il relaté.

Certains participants de l’assemblée ont suggéré d’adopter un moratoire sur les évictions pendant la pandémie, et d’instaurer un registre de propriétaires délinquants.

Appel à la mobilisation

En réaction aux témoignages, Manon Massé a fait valoir que les dix députés solidaires portaient ce combat à l’Assemblée nationale, mais, dit-elle, cela ne suffira pas à «renverser la machine» gouvernementale.

Le parti fait donc circuler une pétition et a rédigé un modèle de lettre, que les citoyens pourront signer et envoyer à la ministre Laforest et au premier ministre Legault.

Mme Massé a aussi encouragé les citoyens à continuer de manifester pour dénoncer la situation.

Plusieurs manifestations organisées par le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) ont d’ailleurs lieu samedi à l’occasion de la Journée des locataires.

«Maintenant, la parole est à vous. Ce qu’on veut, c’est d’être en mesure de vous entendre pour pouvoir continuer à vous soutenir adéquatement», a conclu Mme Massé.

«Une fausse perception»

Québec solidaire, ainsi que plusieurs organismes communautaires déplorent depuis longtemps une pénurie de logements ainsi qu’une perte de contrôle dans le prix des loyers.

Dans un communiqué, l’Association des propriétaires du Québec (APQ) souligne que les associations de locataires ont une «fausse perception du marché locatif».

L’APQ estime en fait qu’il existe trop de restrictions sur les loyers et elle demande au contraire au gouvernement «d’assouplir les règles» notamment lorsque les propriétaires effectuent des rénovations.

L’organisation rappelle que les locataires ont des recours pour contester une augmentation qu’ils jugeraient excessive.

«C’est une réforme complète du marché locatif qui doit être faite. Et celle-ci doit prévoir que les loyers soient négociés entre les parties quand le logement est libre et ainsi permettre un ajustement des prix», a plaidé Martin Messier, président de l’APQ.

Des déséquilibres importants, selon la SCHL

Selon un rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) publié en janvier dernier, si le taux d’inoccupation dans les logements a augmenté à 2,7 % à Montréal en 2020, il a stagné à 1,2 % en banlieue. De plus, le loyer moyen a augmenté de 4,2 % dans la grande région de Montréal, ce qui est la plus forte augmentation depuis 2003.

Le taux d’inoccupation est demeuré stable à Québec (2,7%) et Gatineau (1,6 %). L’augmentation des loyers a progressé à Québec (2,7%) et ralenti à Gatineau (2,7 %).

«Bien que globalement, le marché locatif se soit quelque peu détendu en 2020, ces résultats confirment que d’importants déséquilibres et de fortes pressions persistent, en particulier pour les ménages locataires à faible revenu», indique la SCHL dans son document.

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