QS: Maïtée Labrecque-Saganash veut donner une voix à «sa nation» à Québec

Si elle est élue lors des élections provinciales d’octobre prochain, la candidate solidaire Maïtée Labrecque-Saganash deviendra la première femme autochtone à siéger à l’Assemblée nationale. Un fait important en soi, mais la jeune femme crie ne fait pas le saut en politique pour devenir une «plante verte»: elle est déterminée à donner une voix à sa nation.

Au Québec, un seul membre des Premières Nations a réussi à obtenir son siège au Salon bleu depuis que les Autochtones ont obtenu le droit de vote, en 1969. Alexis Wawanoloath, élu dans Abitibi-Est en 2007, y a siégé pendant un peu plus d’un an.

L’entrée d’une première femme autochtone se fait peut-être toujours attendre, mais Maïtée Labrecque-Saganash n’a jamais réellement eu l’intention de devenir cette première. En fait, même si elle est la fille de l’ex-député fédéral Romeo Saganash, elle n’avait pas l’intention de faire de la politique.

«Ça fait 5 ans que je travaille pour le Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James et c’est une place où je me plais beaucoup à travailler, malgré la pandémie, raconte Mme Labrecque-Saganash lors d’une récente entrevue avec La Presse Canadienne. J’avais l’intention de rester là et de continuer ma petite vie tranquille à Waswanipi.»

«Mais si ma nation pense que je peux être utile à l’Assemblée nationale, je suis prête à essayer pour eux.»

Pour y parvenir, la candidate de Québec solidaire (QS) devra déloger le caquiste Denis Lamothe, qui briguera un second mandat dans Ungava. M. Lamothe avait été élu en 2018 au terme d’une course très serrée avec son rival péquiste, qu’il avait devancé par seulement 46 voix. La candidate solidaire, l’Inuk Alisha Tukkiapik, avait alors récolté 16,5 % des suffrages.

C’est à la suite de plusieurs commentaires reçus dans sa communauté que la candidate âgée de 27 ans a été convaincue.

«Je suis quelqu’un qui parle le jargon politique, qui est habile avec les médias et qui sait naviguer dans ces espaces-là. Beaucoup de gens m’ont dit que ça serait bien, un jour, que je considère y aller. Puis Gabriel (Nadeau-Dubois; le co-porte-parole de QS) me l’a demandé environ une semaine après, donc le « timing » était bon.»

Maïtée Labrecque-Saganash croit que, comme elle l’a toujours été, sa communauté sera derrière elle au cours de la campagne électorale.

«Quand il y a quelque chose qui ne va pas, il y a toujours une communauté qui est là pour me soutenir, me rapiécer et me guérir. Je considère que j’ai d’énormes responsabilités envers ma communauté.»

«Puis, si ma communauté pense que je peux l’aider de cette façon, que j’ai le potentiel de mener des dossiers importants à bout, je vais le faire.»

L’intention de faire bouger des choses

Contrairement à son père, qui a choisi de faire carrière en politique fédérale — il a porté les couleurs du Nouveau Parti démocratique de 2011 à 2019 dans la circonscription d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou —, c’est en politique provinciale que Maïtée Labrecque-Saganash a décidé de se lancer.

Elle estime que Québec solidaire lui offrait un endroit où elle ne sera pas seulement «un pion».

«Il n’y a pas un parti en politique qui est parfait au niveau des enjeux autochtones, tout le monde a des croûtes à manger, mais je ne me sentais pas comme une plante verte», assure Mme Labrecque-Saganash.

«J’ai eu des conversations très franches, très directes avec Gabriel sur des enjeux dans les années passées, donc je me sens à l’écoute.»

L’objectif de Maïtée Labrecque-Saganash est donc clair: utiliser ses talents de communicatrice pour faire avancer des dossiers qui lui sont chers.

«On ne s’en va pas prendre une marche dans le parc. On a l’intention de faire une campagne positive, de brasser des idées et de mobiliser les gens autour des messages forts pour les régions d’ici. On s’en va là pour gagner.»

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