QS veut nationaliser partiellement le lithium et le graphite

MONTRÉAL — Accusant le gouvernement caquiste de vouloir offrir le sous-sol québécois aux entreprises privées comme un «bar ouvert», Québec solidaire propose de nationaliser partiellement des mines de lithium et de graphite, des métaux utilisés pour fabriquer des batteries de véhicules électriques.

Le parti de gauche trace un parallèle entre sa proposition et la nationalisation de l’hydroélectricité, qui avait permis une prise de contrôle de la ressource, a indiqué en entrevue le député solidaire de Rosemont, Vincent Marissal. 

«C’est la meilleure solution pour le Québec», a-t-il assuré.

Avec l’essor des véhicules électriques, ces métaux rares risquent d’être en forte demande, et selon le parti, le gouvernement doit gérer leur exploitation et leur transformation.

«Si on devait reprendre les travaux de la baie James, de la Manic, et refonder Hydro-Québec, est-ce qu’on donnerait ça à une entreprise étrangère?», a lancé M. Marissal en entrevue.

Le premier ministre François Legault est bien conscient de la valeur du lithium, qu’il a comparé à une «mine d’or». Il y a un an, il disait vouloir fabriquer des «batteries 100 % québécoises» et les exporter partout dans le monde. 

En entrevue avec «Le Journal de Québec», en septembre, le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon avait révélé que le gouvernement était prêt à investir jusqu’à 1,4 milliard $ dans la filière des batteries.

Mais selon M. Marissal, le gouvernement fait ainsi la «route à moitié».  

«Pourquoi ne pas prendre ce qui est à nous? C’est à nous, c’est dans notre sol. Et la meilleure façon de s’assurer de faire ça correctement, c’est de s’en occuper nous-mêmes», a-t-il plaidé.

Il déplore que le gouvernement conclue des ententes avec des entreprises étrangères «dont le seul but, c’est de faire du fric».

Québec solidaire estime que la nationalisation partielle des mines coûterait entre 600 millions et 1 milliard $ à l’État québécois. 

L’objectif du parti n’est pas pour l’instant de nationaliser toutes les mines, ce qui serait trop coûteux, selon le député.

«La nationalisation à 50 %+1 dans un premier temps nous permet d’avoir le contrôle sur la façon dont c’est extrait. Toute la chaîne, du moment où un creuse, on sort le minerai, et ensuite jusqu’à la récupération des piles», a-t-il expliqué.

«On garde aussi les mains sur le levier pour arrêter quand on en a plus besoin.»

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