La loi 96 et les seuils d’immigration s’invitent au Sommet de la Francophonie

DJERBA, Tunisie — Les médias étrangers ont «mal interprété» la loi 96 renforçant la protection du français et les politiques d’immigration du Québec, selon François Legault.  

Le premier ministre du Québec a atterri vendredi à Djerba, en Tunisie, où a lieu le 18e Sommet de la Francophonie. 

En mêlée de presse, il a déclaré que l’un de ses principaux défis allait être d’expliquer les choix du Québec en matière de langue et d’immigration.

Selon lui, le Québec a eu mauvaise presse à l’international. Plusieurs ont noté, par exemple, que la loi 96 «ne respectait pas les droits des anglophones», a-t-il dit. 

«On a vu certains médias à l’extérieur du Québec peut-être mal interpréter notre loi 96 et les objectifs qu’on se donne en termes de nombre d’immigrants», a déclaré M. Legault.

«Je pense que c’est important (…) de dire que le Québec (…) sera toujours un peuple accueillant, a-t-il poursuivi. Je veux prendre l’opportunité d’en parler avec (…) les chefs d’État.»

La loi 96 a été adoptée en mai dernier. Elle touche notamment les milieux de travail, les cégeps, les services aux immigrants, l’affichage, les municipalités et l’administration de la justice.

Par ailleurs, la Coalition avenir Québec de François Legault s’est fait réélire le mois dernier en promettant de maintenir le seuil d’immigration annuel à 50 000. 

Rencontre avec le président tunisien

Le premier ministre québécois a annoncé vendredi qu’il allait rencontrer le président tunisien Kaïs Saïed et lui parler des «valeurs démocratiques» chères au Québec.

La veille, sa ministre des Relations internationales, Martine Biron, avait plutôt fait savoir que non seulement le Québec ne condamnerait pas le régime Saïed, mais qu’il ne le sensibiliserait pas non plus. 

«On est sur le même message. Ce qu’on dit c’est qu’évidemment, ça nous interpelle, on n’ira pas s’en mêler, mais on va quand même le mentionner que c’est important pour nous la démocratie, les droits de l’Homme.»

Vendredi, M. Legault s’est également entretenu privément avec la secrétaire générale de la Francophonie, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, qui doit être reconduite dans ses fonctions.

Il s’est dit satisfait du travail de la secrétaire générale, qui fait pourtant l’objet de critiques pour son inaction dans plusieurs dossiers, dont celui de l’éducation.

«Quand on regarde ce qu’elle a fait, il y avait comme un ménage à faire. Elle a amélioré les processus», selon le chef du gouvernement québécois.

Le Québec est un membre à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), au même titre que la France, par exemple, ce qui lui donne une tribune exceptionnelle.

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