Quadruple meurtre à Markham: le suspect aurait parlé de son crime sur le web

TORONTO — Un Tunisien adepte des jeux vidéo dit avoir confié à la Police régionale de York des images et des messages troublants qui auraient été mis en ligne par un Canadien accusé d’avoir tué quatre membres de sa famille.

Le citoyen tunisien raconte avoir joué plusieurs fois avec Menhaz Zaman, cet Ontarien âgé de 23 ans accusé de quatre meurtres au premier degré, sur un serveur privé nommé Perfect World Void.

Les victimes du quadruple homicide à Markham, en Ontario, étaient membres d’une même famille en apparence unie, selon des témoignages de collègues et d’amis. Il s’agit de Firoza Begum, 70 ans, Moniruz Zaman, 59 ans, Momotaz Begum, 50 ans et Malesa Zaman, 21 ans, qui seraient respectivement la grand-mère, les parents et la sœur de l’accusé.

Le Tunisien, qui a demandé à ne pas être identifié compte tenu de la nature sensible de l’affaire, dit être l’un des dizaines de joueurs qui ont lu les messages de Menhaz Zaman sur une application tierce utilisée pour des discussions entre eux. Dans un de ces messages, le jeune homme aurait reconnu avoir tué sa famille.

«J’ai massacré toute ma famille et je passerai probablement la vie en prison si je parviens à survivre», indique un message publié par un utilisateur dont le pseudonyme est «Menhaz».

Des photos choquantes

Après que certains joueurs eurent exprimé leur incrédulité, ce même utilisateur a alors publié des photographies montrant prétendument ses victimes, a relaté le Tunisien.

Il mentionne avoir contacté la police au Canada pour la mettre au courant des messages troublants auxquels La Presse canadienne a eu accès. Une photo montre un jeune homme tenant un grand couteau de cuisine couvert de sang.

«Je n’ai pas dormi ni bu pendant deux jours, mais pas à cause du contenu choquant des photos. Je me posais continuellement la question: pourquoi?», a-t-il écrit dans un message Facebook destiné à La Presse canadienne. «J’ai appelé la Police régionale de York et Échec au crime. Je leur ai envoyé tout ce que j’avais.»

La Police régionale de York a dit ne pas pouvoir commenter les preuves reçues.

La Presse canadienne n’a pas été en mesure de vérifier si les photos et les messages avaient bel et bien été publiés par l’accusé.

Menhaz Zaman, qui a été formellement accusé lundi, doit comparaître vendredi devant le tribunal.