Quarantaine à l’hôtel à la frontière terrestre: trop compliqué, dit le ministre Blair

Ottawa n’imposera pas la quarantaine à l’hôtel pour les voyageurs arrivant par la frontière terrestre, tel que demandé par le Bloc québécois.

De passage en comité, mercredi, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a expliqué pourquoi la logistique rendait à peu près impossible l’application de cette mesure pour les voyageurs arrivant par voiture à la frontière canado-américaine. 

«Tous les voyages internationaux sont concentrés dans quatre grands aéroports, près de zones urbaines, où il y a beaucoup d’établissements, de ressources et d’employés pour gérer les mesures mises en place par l’Agence de la santé publique», a expliqué M. Blair. 

«Nous avons plus de 117 points d’entrée terrestres et la grande majorité de ceux qui traversent cette frontière sont des travailleurs essentiels ou des gens qui transportent des biens essentiels», a-t-il poursuivi. 

Les fonctionnaires fédéraux ont estimé, dans une récente séance de breffage, que 95 % de ces passages à la frontière terrestre sont essentiels et seulement 5 % sont des voyageurs non essentiels. 

«Ce ne serait pas pratique, et peut-être même impossible, de demander aux gens de transiter jusqu’à un hôtel et pour la vaste majorité de nos points d’entrée, l’hôtel le plus proche pourrait être à des centaines de kilomètres», a soutenu M. Blair. 

Le Bloc québécois réclame, depuis quelques jours, que la quarantaine à l’hôtel s’applique autant aux voyageurs arrivant par avion que par la voie terrestre. 

Le parti déplore que de nombreux voyageurs contournent les règles afin de s’épargner la quarantaine à l’hôtel. Certains «snowbirds», par exemple, ont l’intention de prendre l’avion jusqu’à une ville américaine frontalière et de poursuivre le reste du trajet en voiture. 

Les conservateurs, de leur côté, réclament la suspension de la quarantaine obligatoire à l’hôtel depuis le dépôt d’une accusation d’agression sexuelle envers un voyageur qui se trouvait dans un hôtel sous surveillance fédérale, près de l’aéroport de Montréal. 

Iain Stewart, président de l’Agence de la santé publique du Canada, a soutenu qu’à aucun moment les hôtels de quarantaine ont reçu la consigne de son agence de retirer les verrous à l’intérieur des chambres pour mieux surveiller les voyageurs. 

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